Deniz Çiçek Palabıyık,Tuncay Çakmak
11 Mai 2018•Mise à jour: 11 Mai 2018
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc de l’Economie, Nihat Zeybekci, a déclaré que la Turquie continuera à commercer avec l’Iran dans le respect des règles des Nations Unies (ONU), malgré le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien.
Le ministre Zeybekci était l’hôte, vendredi, des éditorialistes économique de l’Agence Anadolu (AA).
Il a répondu aux questions relatives à la situation économique de la Turquie et aux évolutions sur les marchés internationaux.
La décision du président américain, Donald Trump, de retirer son pays de l’accord sur le nucellaire iranien a été évoquée par le ministre turc.
"La décision américaine est une opportunité pour la Turquie, a-t-il d’abord affirmé. Dans le respect des résolutions de l'ONU, nous allons continuer à commercer avec l'Iran".
Zeybekci a rappelé qu’auparavant, la Turquie poursuivait ses échanges commerciaux avec l’Iran alors que les Etats-Unis et l’Union Européenne imposaient déjà un embargo sur l’Iran.
"Mais la situation d’aujourd’hui est différente. Il est question d’un état signataire d’un accord international qui prend la décision unilatéralement de se retirer. C’est une chose qui est contraire aux règles internationales", a-t-il estimé.
Le ministre turc a expliqué que la Turquie et les pays européens ne partagent pas la même approche que Washington sur le sujet.
Selon lui, si des pays décident de ne plus commercer avec l’Iran, cela peut offrir une opportunité à la Turquie, qui poursuivra ses échanges avec Téhéran, tout en respectant les résolutions de l’ONU sur l’Iran.
"L’Iran est pour nous un pays ami et frère. Plus l’Iran se renforce dans cette région, plus la Turquie se renforcera. Et c’est aussi valable dans l’autre sens", a-t-il encore souligné.
Le ministre de l’économie a ensuite répondu aux questions autour des développements économiques en Turquie et dans le monde, notamment sur les variations enregistrées sur les marchés des devises.
Il a d’abord voulu expliquer que les marchés économiques et financiers se séparent en deux catégories, insistant sur le fait que les marchés financiers sont sujets aux spéculations sans se préoccuper des réalités en matière d’emploi, de production ou encore d’exportations.
"Nous observons que les équilibres économiques principaux de la Turquie ne rencontrent aucun problème particulier, a-t-il affirmé. La Turquie est le pays du G20 qui a enregistré la plus forte croissance en 2017, nos exportations augmentent régulièrement depuis 19 mois consécutifs, en 12 mois plus de 1,35 millions d’emplois ont été créés, le tourisme enregistre une croissance de 40%. Les variations des cours des devises sont surtout dues aux changements des prix des énergies à travers le monde. Ceci a des conséquences négatives sur notre lutte contre l’inflation".
"Il est évident que la Turquie est touchée par les variations du marché des devises, mais personne ne doit attendre un effondrement de notre économie", a-t-il ajouté.
Cependant, le ministre reste optimiste sur les résultats économiques de la Turquie pour cette année.
"Nous prévoyons une croissance économique au-dessus de 6% pour l'ensemble de 2018", a-t-il dit.