Lassaad Ben Ahmed
07 Février 2018•Mise à jour: 07 Février 2018
AA / Bujumbura / Yvan Rukundo
La commission électorale nationale indépendante (Ceni) a annoncé, mercredi, que l’opération d’enrôlement des électeurs pour le référendum constitutionnel et les élections de 2020 ne concernent pas les réfugiés burundais.
« Les réfugiés ne sont pas concernés par l’opération d’enregistrement des électeurs qui commence du 8 février et se poursuit jusqu’au 17 du même mois », a déclaré Prosper Ntahorwamiye, porte-parole de la Ceni.
Approchée par Anadolu, il explique que «toute personne ayant un statut de réfugié perd directement sa nationalité» et que par conséquent, «elle ne vote pas». Pour lui, seuls les rapatriés ont ce droit.
Cependant, il nuance que cette commission pourra prendre d’autres décisions pour permettre de voter à ceux qui vont rentrer au pays avant les élections de 2020.
En ce qui est d’autres burundais vivant à l’extérieur du pays, il a rassuré que du matériel d’enregistrement a été déjà envoyé dans les différentes ambassades et consulats.
«C’est là que tous ces Burundais sans statut de réfugiés vont se faire enrôler», a-t-il fait savoir, notant qu’au niveau national, seul le matériel de la province de Bujumbura dit rural n’était pas encore acheminé vers les centres d’enregistrement jusqu’à mercredi.
Pour sa part, l’opposition ainsi que la société civile ont déjà qualifié de tous les dangers ce processus de révision de la Constitution et ont déjà lancé une campagne citoyenne dénommée «Stoppez! », visant à barrer la route à cette «mascarade» selon leurs termes.
Cette décision de la Ceni intervient au moment où l’ONU a annoncé, hier, qu’en 2018, le nombre de réfugiés burundais dans les pays voisins arrivera à 430 mille, nécessitant 349 millions de dollars pour être assistés.
L’ONU craint qu’avec le référendum constitutionnel, d’autres burundais prennent le chemin de l’exil.
«On estime que 50.000 burundais chercheront à trouver refuge dans les pays de la région si la situation politique et économique ne s’améliore pas», alerte-t-elle, appelant les donateurs à ne pas oublier la crise des réfugiés au Burundi.
D’après le calendrier de la Ceni, le référendum est prévu en mai 2018 et l’enregistrement des électeurs commence à 7h30 du matin et se termine à 17 h30, heure locale.
Depuis fin avril 2015, le Burundi est secoué par une grave crise politique et sécuritaire née de la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon un rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 31 décembre 2017.