Nadia Chahed
28 Novembre 2017•Mise à jour: 28 Novembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Cinquante-trois personnes sont mortes du choléra en l’espace d’une semaine en République démocratique du Congo (RDC), faisant alourdir le bilan de l’épidémie depuis le début de l’année à 973 morts et 47 621 personnes atteintes, soit une létalité de 2 %, selon un nouveau bilan officiel.
Du 13 au 19 Novembre, "la RDC a notifié 1.908 cas et 53 décès dans 76 zones de santé et 17 provinces", indique le ministère de la Santé publique dans un communiqué publié lundi soir et dont Anadolu a reçu copie.
Si le choléra n'avait pas atteint la région du "Grand Kasaï" dans le centre du pays, la situation épidémiologique globale du choléra en RDC "serait à la baisse", explique le ministère soulignant qu’après sept semaines d’épidémie; quatre provinces sur les cinq que compte le "Grand Kasaï" sont déjà touchées.
Dans cette région fragile à peine sortie d’une année des violences qui ont fait selon l’ONU pas moins de 5 000 morts, 15 zones de santé dans les provinces de Lomami, Sankuru, Kasaï et Kasaï Oriental ont déjà enregistré 2 042 cas suspects et 140 décès.
Le "plus grand défi" dans la région du Kasaï et dans les autres provinces où des cas de choléra "persistent", reste "l’absence ou la faiblesse des activités communautaires visant à éliminer les foyers de transmission", estime la même source.
Le ministère de la Santé indique, en outre, qu’au moins un cas de choléra a été identifié dans 23 des 26 provinces de la RDC et 218 des 515 zones de santé ont déjà été touchées au moins une fois.
Avec des milliers de cas enregistrés chaque année dans de nombreuses provinces, le choléra est devenu un problème de santé "publique majeur" en RDC, selon l’ONU.
En 2016, l'épidémie avait touché 29.352 personnes et fait 817 décès dans l’ensemble du pays, selon les derniers chiffres de l’OMS.
Fortement mortel dans ce pays sous-continent au cœur de l’Afrique, le choléra avait fait 58 057 morts en 1994 dans la ville de Goma (Est de la RDC) frontalière au Rwanda, selon les autorités. Depuis, la maladie est devenue endémique dans le pays.