Mohamed Safwene Grira
21 Novembre 2016•Mise à jour: 21 Novembre 2016
AA/ Bamako/ Moussa Bolly
Neuf militaires maliens ont été tués, dimanche, dans deux embuscades tendues à leurs patrouilles qui assuraient la sécurité du scrutin communal, a appris Anadolu lundi de source sécuritaire.
La première embuscade, qui a eu lieu dans l'après-midi de dimanche, a tué 4 soldats vers Bambara Madoudé, dans la région de Tombouctou (Nord). Parmi les victimes, figure un jeune officier, le capitaine Moussa Siaka Koné. Plusieurs autres militaires déployés pour sécuriser le vote ont été blessés au cours de cette attaque, d'après une source à la Direction générale de la sécurité d’Etat (DGSE).
D'après la même source, un terroriste connu des renseignements nationaux sous le nom d' "Alkassoum", proche du groupe Ansar Dine, lui-même proche d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), est le commanditaire de cette attaque.
La deuxième embuscade a eu lieu dimanche soir, à 30 km de Douentza dans le Centre, et a fait 5 morts et des blessés dans les rangs de l'armée malienne. Il s'agit d'une attaque "terroriste" contre le convoi qui sécurisait le transport des urnes vers leur lieu de dépouillement, d'après la source sécuritaire d'Anadolu.
Plusieurs fois reporté en raison de la crise, le scrutin communal a été marqué, dimanche, par une faible participation. Par ailleurs, "des dysfonctionnements et incidents ont été relevés par nos observateurs et superviseurs au niveau de certaines localités", déplorait dans un communiqué publié dimanche soir le consortium des organisations de la société civile pour l’observation du processus électoral.
Le Nord du Mali était tombé au printemps 2012 sous le contrôle de groupes terroristes et de rebelles indépendantistes touaregs, avant que cette alliance ne soit rompue aux dépens de ces derniers.
Une intervention internationale, toujours en cours, a chassé ces groupes terroristes alors que le statut administratif et politique des régions septentrionales a été défini dans un accord de paix conclu grâce à la médiation de la communauté internationale, entre l'Etat malien et des groupes armés du Nord.
Toutefois, des poches terroristes persistent dans le Nord et le Centre du pays, où des attaques contre Casques bleus, militaires maliens ou chefs locaux sont régulièrement enregistrées.
Par ailleurs, des différends politiques et communautaires continuent d'alimenter des tensions, ponctuées de violences, hypothéquant ainsi l'application de l'accord de paix.