Esma Ben Said
19 Février 2018•Mise à jour: 19 Février 2018
AA/Ouagadougou/Wendyam Valentin Compaoré
Le cinéaste burkinabè Idrissa Ouédraogo, une figure importante du cinéma africain, a tiré sa révérence, dimanche, à l’âge de 64 ans des suites d’une maladie, selon le ministère de la culture qui déplore “la perte d’un baobab du cinéma africain et burkinabè”
“J'ai appris avec une profonde tristesse, le décès survenu dimanche du cinéaste Idrissa Ouedraogo. Le Burkina Faso vient de perdre un réalisateur à l'immense talent, profondément attaché à son pays” a twitté
le Président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré juste après l’annonce de son décès.
Et le président burkinabé d’ajouter : "Je rends hommage à Idrissa Ouédroago qui aura beaucoup oeuvré au rayonnement du cinéma burkinabè et africain hors de nos frontières. L’Afrique perd avec sa disparition l’un de ses plus valeureux ambassadeurs de la culture".
Avec plus d’une quarantaine de films à son actif, Idrissa Ouédraogo a reçu plusieurs distinctions tant sur le plan national qu’à l’international. Il a notamment été lauréat du grand prix lors de la 12ème édition du festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou en 1991 avec son film “Tilaî “, le premier burkinabè à avoir remporté ce trophée.
"Tilai", drame puissant sur l'honneur de la famille a également remporté le prix du jury de Cannes en 1990.
“Grand frère Idrissa Ouédraogo, quand je te quittais ce jeudi à la clinique, je n'imaginais pas que c'était pour toujours. Tu me quittes au moment où la nation et moi avions le plus grand besoin de toi pour relever les défis immenses du cinéma. L' Afrique et le Burkina perdent un grand homme. L'artiste que tu es n'est pas mort “ a publié sur sa page facebook Abdoul Karim Sango, ministre burkinabè de la culture.
Ancien étudiant de l’Institut africain d’études cinématographiques de Ouagadougou, Idrissa Ouédraogo qui est né le 21 janvier 1954 au Burkina Faso, a fréquenté le prestigieux Institut des Hautes Études Cinématographiques basé à Paris. Il a aussi obtenu un diplôme en études cinématographiques de la Sorbonne en 1985.
Son premier long métrage "Yam Daabo" date de 1986, suivi par "Yaaba ou la colère des Dieux", une histoire d'amour entre un jeune garçon et une femme âgée rejetée par les villageois qui la considèrent
comme une sorcière. Le film a remporté le Prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique à Cannes en 1989.
Promoteur de la société de production « Les films de la plaine », Idrissa Ouédraogo a aussi laissé ses empreintes dans le théâtre en dirigeant "La tragédie du roi Christopher" à la Comédie-Française de Paris.
Pour rappel, celui dont le monde du cinéma africain pleure, a débuté sa carrière cinématographique en 1981 avec un film intitulé "Poko" un film fiction qui retrace le drame d’un jeune couple qui perd leur premier
enfant.
Ce film avait obtenu, la même année, le prix du meilleur court-métrage au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco).
Selon la fédération nationale des cinéaste du Burkina, un hommage national lui sera rendu, son inhumation est prévu mardi à Ouagadougou.