Lassaad Ben Ahmed
13 Mai 2018•Mise à jour: 13 Mai 2018
AA / Bujumbura / Jean Bosco
Au lendemain de l’attaque armée perpétrée à Cibitoke, dans l'Ouest du Burundi, près des frontières avec la République démocratique du Congo (RDC), plusieurs personnalités et institutions ont énergiquement condamné ce carnage qui a coûté la vie à 26 personnes.
Dans un message diffusé samedi soir en langue locale -le Kirundi-, le président burundais Pierre Nkurunziza a promis, via son compte officiel twitter, des sanctions appropriées aux auteurs de cette attaque.
«Les auteurs de cette barbarie doivent être arrêtés et punis conformément à la loi», a-t-il déclaré.
Pierre Nkurunziza n’a pas manqué d’exprimer sa sympathie aux familles endeuillées, tout en leur promettant une assistance circonstancielle.
«Nous présentons nos condoléances aux familles qui ont perdu les leurs et nous nous engageons à porter assistance aux rescapés», a-t-il indiqué.
Il a aussi appelé les Burundais à ne pas céder aux divisions.«Nous exhortons tous les Burundais à rester unis», a conclu le président burundais.
Cette attaque de Cibitoke a aussi été condamnée par les ambassadeurs des pays de l’Union européenne à Bujumbura, comme en témoigne un message commun diffusé samedi soir sur twitter.
«Les ambassadeurs des pays de l’Union européenne au Burundi se disent "horrifiés par l’attaque à Ruhagarika (Buganda) et ses nombreuses victimes, y compris des enfants", et appellent à "une enquête indépendante contre les auteurs de cet acte ignoble ».
Même réaction du parti présidentiel, Cndd-Fdd (Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie).
«Suite à l'attaque terroriste perpétrée contre des civils innocents de la commune Buganda, le Cndd-Fdd exprime sa plus profonde émotion et son soutien envers les familles touchées par cette tragédie et exhorte les Burundais à sauvegarder la paix», a déclaré le SG du parti Evariste Ngendakumana, dans un communiqué publié samedi soir.
Les partis d’opposition ont, également, condamné cette attaque.
«Le Parti Frodebu en appelle à l’unité et à la cohésion nationales devant une telle tragédie, et demande à toutes les organisations politiques, morales et sociales, de se mobiliser ensemble pour barrer la route à de tels actes destructeurs de notre Nation», a déclaré dans un communiqué le parti le Front pour la démocratie au Burundi(Frodebu), principale force de l’opposition.
Cette attaque n’a pas encore été revendiquée. Elle survient à moins d’une semaine d’un référendum constitutionnel contesté par l’opposition.
Jusqu’au 13 mai, les Burundais sont appelés à retirer les cartes d’électeurs pour participer au référendum prévu le 17 mai courant.
La réforme constitutionnelle voulue par Bujumbura est contestée par l’opposition qui demande la poursuite du dialogue inclusif, initié à Arusha (Tanzanie) par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (CAE) pour résoudre la crise burundaise.
Le Burundi a plongé, depuis avril 2015, dans une grave crise, émaillée de violences, suite au dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat consécutif.
Les violences qui en ont découlé ont fait plus d'un millier de morts, et poussé plus 430.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés publié le 26 avril 2018.