Nadia Chahed
04 Avril 2018•Mise à jour: 04 Avril 2018
AA/Bujumbura/Jean Bosco
L’opposition burundaise a lancé un ultime appel aux "Chefs d’Etat de la Communauté Est-Africaine (CAE) et aux parrains de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation afin qu’ils dissuadent avec fermeté
Monsieur Pierre Nkurunziza de son projet de référendum".
"Le Cnared ( Conseil national pour le respect de l’Accord d’Arusha-principale plateforme de l’opposition en exil, ndlr), lance un appel ultime aux Chefs d’Etat de la Communauté Est-Africaine et aux parrains de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation afin qu’ils dissuadent avec fermeté Monsieur Pierre Nkurunziza de son projet de référendum, macabre et porteur de tous les dangers, qui constituera un échec de toute la Communauté Est-Africaine et spécialement de ses Chefs d’Etats, mais aussi de la communauté internationale", note le Cnared sur son site officiel.
L'opposition souligne, en outre, que dans le cas où Nkurunziza poursuivrait son "forcing" en organisant un référendum constitutionnel, elle n'en reconnaîtra pas les résultats.
Le Cnared estime, en outre, que par ce référendum constitutionnel controversé, le président burundais Pierre Nkurunziza va franchir "la ligne rouge",et "déclarer la guerre" au peuple burundais car, "l’abrogation de l’actuelle Constitution va casser de ce fait le socle de la paix et de la réconciliation au Burundi, lui permettre de briguer des mandats à l’infini et donner un coup d’arrêt définitif au processus de négociations inclusives".
A peine sorti du processus électoral controversé de 2015, le Burundi s'apprête à organiser deux grands rendez-vous électoraux à savoir un référendum constitutionnel (mai 2018) et des élections générales
(2020).
Le 18 mars dernier, la présidence burundaise a annoncé dans un décret que le référendum constitutionnel sera organisé le 17 mai 2018, précisant que "le projet sera adopté si la majorité absolue des suffrages exprimés est atteinte, soit 51 % des voix.
Bujumbura a décidé de passer à la révision de la constitution sans attendre les résultats du dialogue extérieur jugé plus indépendant et conduit par la Communauté est-africaine (CAE) sous l’égide du facilitateur Benjamin Mkapa.
Depuis quelques mois, l’opposition radicale ne cesse de dénoncer ce forcing, arguant que réviser la constitution sans trouver une solution à la crise actuelle aggraverait la situation.
Pour rappel, la nouvelle constitution à soumettre au vote référendaire en mai prochain apporte, notamment, deux changements majeurs : le mandat présidentiel passe de 5 à 7 ans et il est «renouvelable». Toute
référence à l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi est gommée.
Signé en août 2000 à Arusha (Tanzanie), cet Accord avait mis fin à une décennie de guerre civile au Burundi. L’actuelle constitution en est l’émanation. Elle limite à deux les mandats présidentiels consécutifs de 5 ans chacun.