Nadia Chahed
06 Octobre 2017•Mise à jour: 08 Octobre 2017
AA/ Cotonou (Bénin)/ Serge David Zouémé
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté vendredi à Cotonou, la capitale économique du Bénin, en soutien à la population togolaise dans sa lutte contre les autorités en place.
Répondant à l'appel de la Convention Patriote des Forces de Gauche (coalition de partis, mouvements et associations qui promeut les valeurs et principes démocratiques au Bénin), les manifestants ont organisé un grand meeting à la Bourse de travail à Cotonou, pour exprimer leur soutien au peuple togolais qui multiplie depuis plusieurs semaines, les manifestations contre le pouvoir en place.
Arborant des tee-shirts portant les couleurs du parti togolais d'opposition Parti National panafricain ( PNP) les manifestants ont scandé des slogans hostile au président Faure Gnassingbé dont ils ont réclamé le départ.
« Peuple togolais, poursuis ta lutte et achève-la ! », « Le peuple béninois est solidaire avec ses frères togolais, il salue leur bravoure ! », sont parmi les slogans scandés par les manifestants.
Gilbert Houéssi, chargé des relations extérieures du Parti Communiste du Bénin et membre de la Convention, a déclaré lors de la manifestation que cette mobilistaion vise à "exprimer le soutien du peuple béninois à celui frère du Togo".
"Depuis le 19 août 2017, le peuple togolais qui subissait déjà depuis 1963 la dictature implacable du clan Gnassingbé, s’est dressé pour dire : ‘’ça suffit !’’", a rappelé Houéssi, ajoutant que depuis cette date, "ce peuple qui avait brillamment conquis son indépendance en 1958 au prix de son sang, se bat avec courage et fait l’admiration des autres peuples, surtout du nôtre qui doit lui apporter son soutien".
Au Togo, les manifestations de l'opposition se poursuivent en contestation à la réforme constitutionnelle voulue par Lomé.
L’opposition togolaise a d'ailleurs lancé un "ultime avertissement" mercredi au pouvoir de Faure Gnassingbé pour le retour à la Constitution originelle de 1992, l’effectivité du vote de la diaspora et la révision du cadre électoral. Elle a donné, pour ultimatum, jeudi, au risque de se "mettre en colère".
La version originelle de la Constitution voté le 27 Septembre 1992 à une majorité écrasante avec près de 98% des suffrages exprimés avec un taux de participation inédit de plus de 74 %, avait été, dix ans plus tard, modifiée en plusieurs articles par l’Assemblée Nationale (Composée à près de 100% des membres du parti RPT au pouvoir).
L'Assemblée a notamment fait sauter le verrou de la limitation de mandat présidentiel (art. 59) permettant ainsi au président Eyadema Gnassingbé (décédé depuis) de rester au pouvoir 38 ans au total.
Depuis le 19 Août 2017, l’opposition fait du retour à cette Constitution son crédo.
De son côté, le gouvernement a proposé des réformes constitutionnelles et institutionnelles conformément à l’Accord Politique Global de 2006 (impliquant une limitation de mandats), mais qui ne satisfont pas pour autant l'opposition, qui dénonce la non-rétroactivité de ces réformes.