Nadia Chahed
15 Février 2017•Mise à jour: 16 Février 2017
AA/Abidjan/Fulbert Yao
Les six journalistes ivoiriens arrêtés dimanche pour « fausses informations » sur la mutinerie militaire déclenchée au début de la semaine écoulée à Adiaké (Sud-Est) ont été libérés, a appris Anadolu auprès des concernés.
Les six journalistes ont été libérés mardi en fin d’après-midi « sous condition » après leur audition par un juge d’instruction, a expliqué à la presse Vamara Coulibaly, l’un des journalistes arrêtés, après leur libération.
« Les journalistes restent inculpés et à la disposition » de la justice ivoirienne, malgré cette libération, a-t-il ajouté.
Vamara Coulibaly, Yacouba Gbané et Franck Bamba Mamadou, respectivement directeurs des quotidiens ivoiriens l'Inter et Soir Info (indépendants), du Temps (opposition) et de Notre Voie (opposition) et leurs collaborateurs Hamadou Ziao (rédacteur en chef de l'Inter), Jean Bédel Gnago (Soir info) et Ferdinand Bailly (Le Temps), avaient été arrêtés dimanche pour " diffusion de fausse nouvelles " et "incitation à la rébellion", selon un communiqué du procureur, Christophe Richard Adou
Ils ont été interpellés suite à la publication, les 10 et 11 février d’articles affirmant le versement de primes aux forces spéciales de l’armée ivoirienne basées dans la ville d’Adiaké (Sud-Est) après une mutinerie déclenché le 7 et 8 février 2017.Des révélations qui auraient encouragé, récemment, d'autres mutineries, estiment les autorités.
Reporters sans frontières et plusieurs organisations professionnelles ivoirienne de media avaient réclamé la libération des journalistes.
Se félicitant de la libération des six journalistes, le ministre ivoirien de la Communication a souhaité "ne plus voir de journaliste en prison, ou même simplement interpellé".
Mardi et mercredi derniers, des soldats des Forces spéciales de l’armée ivoirienne ont manifesté dans la ville d'Adiaké, tirant en l'air, pour exiger le versement de primes.
Ces militaires ont mis fin à leur mouvement, jeudi, après des pourparlers avec la hiérarchie militaire dont la teneur n'a pas été révélée par les autorités.
Deux civils ont été blessés par balles perdus, lors de cette mutinerie, alors que le pays avait été ébranlé par d'autres mouvements militaires les dernières semaines.
Depuis 2011, c’est la troisième fois que des journalistes sont privés de liberté pour des délits de presse. En novembre 2011, des journalistes des quotidiens de Notre Voie avaient été emprisonnés pendant 13 jours avant d’être jugés et déclarés non coupables.