Lassaad Ben Ahmed
12 Juillet 2020•Mise à jour: 13 Juillet 2020
AA / Yaoundé / Peter Kum
Un personnel de l’organisation Médecins sans frontières( MSF), enlevé jeudi dernier dans la ville de Kumba dans le Sud-Ouest du Cameroun, a été tué le lendemain, a appris Anadolu de sources concordantes, dimanche.
Dans un communiqué, Médecins Sans Frontières (MSF) se dit « profondément choqué et attristé » par le meurtre de l’un de ses agents dans le Sud-Ouest du Cameroun.
La mort de l’humanitaire Felix Mba de nationalité camerounaise, a été confirmée à Anadolu par le gouverneur du Sud-Ouest, Bernard Okalia Bilai.
Selon l’autorité locale, le travailleur humanitaire avait été enlevé à sa résidence jeudi soir et transporté vers un lieu inconnu par ses ravisseurs.
« Nous avons été informés de son assassinat par une déclaration des séparatistes », a souligné MSF dans son communiqué samedi.
L’ONG à but humanitaire invite des parties en conflit dans les deux régions anglophones du Cameroun, à protéger son personnel car il est là pour des raisons humanitaires.
L’organisation MSF précise qu’elle est « une organisation humanitaire indépendante qui fournit des soins médicaux aux personnes les plus nécessiteuses, indépendamment de leurs origines religieuses, politiques et culturelles ».
Dans un communiqué vendredi, le gouvernement fantôme du mouvement séparatiste a fermement condamné le meurtre de ce travailleur humanitaire « par un groupe armé non identifié » et demande une enquête pour établir les responsabilités.
« Mon frère a été kidnappé et exécuté parce que les séparatistes le soupçonnaient de renseigner l’armée », a expliqué Stella Mba, sœur de défunt.
Depuis le meurtre, vendredi, le gouvernement camerounais n’a pas officiellement réagi.
Depuis plusieurs semaines, des incidents dans lesquels des travailleurs humanitaires ont été pris pour cible par des séparatistes anglophones luttant contre l’armée camerounaise, ont été enregistrés dans les deux régions anglophones.
« Les attaques visant les travailleurs humanitaires perturbent l’apport d’une assistance et de services vitaux à des personnes dans le besoin », a relevé Human Rights Watch dans un rapport publié le 4 juin.
Les régions anglophones du Cameroun sont confrontées à une grave crise humanitaire, avec « plus de 650 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays, et 1,8 million de personnes dépendant de l’aide humanitaire, dont 1,4 million de personnes dans une situation d’insécurité alimentaire », a souligné l’ONG.