Nadia Chahed
16 Mai 2017•Mise à jour: 17 Mai 2017
AA/Bangui/Sylvestre Krock
Au moins 26 civils et six casques bleus ont trouvé la mort lors des dernières attaques perpétrées à Bangassou par des présumés anti-Balaka( milice majoritairement chrétienne-ndlr), a appris Anadolu, mardi, auprès d'une source locale et de la Mission onusienne en République Centrafricaine.
Joint mardi par Anadolu, Landry Gatien Koyassaké, journaliste à la radio "Notre dame de retour ", émettant à partir de Bangassou a indiqué que selon un bilan provisoire établi par les autorités locales "26 civils et 6 casque bleus ont été tués, alors que 32 autres personnes ont été blessées lors des dernières attaques armées contre la population civile et des cibles onusiennes dans cette localité".
L’intervention aérienne et terrestre menée mardi par la Minusca dans le quartier Tokoyo ( majoritairement musulman) et à l’aérodrome de Bangassou, ont permis aux humanitaires d'accéder au site de la mosquée de Tokoyo où des centaines de civils s'étaient réfugiés depuis le début des violences, a-t-il ajouté.
Cette opération a permis l'évacuation d'environ mille personnes dont nombre de blessés qui sont encore dans une situation critique, a noté la même source s'attendant à une augmentation du nombre de morts.
Sur le plan humanitaire, la situation est jugée alarmante par des sources locales interrogées par Anadolu.
Selon e Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU, le nombre de déplacés est passée de 3000 lundi à 7200 aujourd'hui.
D’aprés les premières estimations, 25.000 personnes auraient besoin d’une aide humanitaire d’urgence.
A Bangui, les condamnations se multiplient. De la Présidence de la République à l’Assemblée nationale en passant par la Primature, les partis politiques et la société civile, tous sont unanimes à condamner le regain de violences à Bangassou.
Une marche pacifique des Associations des victimes de la Centrafrique a eu lieu ce mardi matin à Bangui . Les manifestants ont remis un mémorandum au Premier ministre sur la situation de Bangassou.
Ces violences ont également été fermement condamnée par le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Zeid Ra'ad Al Hussein qui a exprimé mardi "sa grande inquiétude au sujet du nombre croissant d'attaques des groupes armés contre la population civile dans plusieurs régions de la République Centrafricaine ces derniers mois, ainsi que des attaques contre les casques bleus de l'ONU dans le sud-est du pays", indique un communiqué de l'ONU.