Nadia Chahed
19 Juillet 2017•Mise à jour: 20 Juillet 2017
AA/Abidjan/Fulbert Yao
L’ancien ministre et directeur de campagne de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, Assoa Adou a été condamné à quatre ans de prison et à une amende de 200.000 Fcfa (350 Usd), a rapporté le correspondant d'Anadolu.
Accusé de "complot contre l'autorité de l'Etat", durant la période de la crise post-électorale (2012-2013), Assoa Adou n'a finalement pas été reconnu coupable de ces faits, par la Cour d'assises d'Abidjan, et a été condamné mardi, pour "troubles à l'ordre public", a appris Anadolu auprès de l'un de ses avocats.
Le verdict final rendu, mardi soir, au bout de trois heures de délibérations, a aussitôt été dénoncé par la défense, le procureur du tribunal d’Abidjan avait, pour sa part, requis une peine de dix ans de prison contre Assoa Adou.
Rodrigue Dadjé, avocat de l'ancien ministre a dénoncé dans une déclaration à la presse un verdict à vocation politique.
"Assoa Adou reconnu non coupable des faits de complot contre l'autorité de l'Etat, d'organisation de bandes armées, de détention illégale d'arme. Il a pourtant été condamné à 4 ans de prison pour troubles à l'ordre public sans qu'on ne sache où et comment les dits troubles ont eu lieu. C'est ridicule tout ça alors qu'il n'était pas poursuivi pour trouble à l'ordre public. Il a été juste condamné pour raison politique afin de le mettre hors jeu", a-t-il souligné.
Sept co-accusés de l’ex-ministre poursuivis pour des faits de "détention illégale d’armes, constitution d’une bande armée, atteinte à la sûreté de l'Etat", ont également, été condamnés à des peines allant de 3 à 10 ans de prison.
Rentré en novembre 2014 du Ghana, où il vivait en exil, l’ancien ministre avait été arrêté en janvier 2015.
Assoa Adou a été arrêté pour «soutien financier» à des assaillants suite à une tentative de déstabilisation déjouée par l'armée à la frontière ivoiro-libérienne, avait appris Anadolu auprès de sources proches du dossier.
Avant lui, deux cadres du Front Populaire Ivoirien (FPI-le parti de Gbagbo) avaient été condamnés le 26 mai dernier à 30 mois de prison.
La crise post-électorale, déclenchée par le refus de l’ex-président, Laurent Gbagbo, de reconnaître la victoire de son challenger Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010, a fait plus de 3.000 morts en cinq mois.
Depuis la fin 2011 Laurent Gbagbo est écroué à La Haye, où il est jugé par la Cour pénale internationale pour “crimes contre l’humanité” présumés commis lors de cette même crise.