Majdi Ismail
29 Janvier 2021•Mise à jour: 29 Janvier 2021
AA/ New York
Le représentant permanent de la Libye auprès des Nations Unies, Taher al-Sunni, a appelé le Conseil de sécurité des Nations Unies à émettre une résolution pour stabiliser l'accord de cessez-le-feu et renforcer le processus politique en Libye.
« Nous appelons ce conseil à émettre une résolution pour stabiliser l'accord de cessez-le-feu, renforcer le processus politique et soutenir la tenue des élections à la date prévue (décembre prochain) », a déclaré le délégué de la Libye à l’ONU, lors de la session du Conseil de sécurité sur la crise libyenne tenue jeudi soir par vidéoconférence.
Et d’ajouter : « Nous exigeons également de déléguer les pleins pouvoirs à l'ONU pour soutenir le processus électoral afin d’en assurer la transparence, l’intégrité ainsi que le respect des résultats, et la liberté pour tous les Libyens, dans le pays et en dehors, les déplacés et les exilés d’entre eux, d'exercer leur droit électoral et de juger les responsables qui font obstacle à cette échéance nationale ».
«Emettre une telle résolution sera une preuve de bonnes intentions par la communauté internationale, et peut-être l'expiation de certaines des erreurs du passé, à même de rétablir une certaine confiance et de répondre aux questions de la majorité des Libyens quant au sérieux de l’organisation des élections dans sa date prévue », a expliqué l’ambassadeur.
Et de poursuivre, « Nous demandons également à l'envoyé spécial de l'ONU pour la Libye, Ján Kubiš, de placer cette requête comme une priorité absolue, lors de sa prise de fonction au début du mois prochain ».
« Nous savons tous que les élections à elles seules ne résoudront pas la crise, la prolifération des armes et l'ingérence étrangère sont l'un des plus grands obstacles à la stabilité, mais nous pensons néanmoins que les élections sont la meilleure option vers le processus démocratique », a soutenu le représentant permanent de la Libye auprès des Nations Unies.
Et de souligner, « le retrait des forces étrangères et des mercenaires de Libye, est une demande souveraine pour nous. Les pays qui sont impliqués en Libye doivent s'engager au respect et à la mise en oeuvre de cette demande », a-t-il soutenu.
L’ambassadeur Taher Al-Sunni, a souligné dans son intervention l'importance de « juger les personnes impliquées dans les violations des droits de l'homme et les crimes de guerre commis dans toutes les régions de la Libye ».
Al-Sunni a informé les membres du Conseil qu’ il soumettrait dans les prochains jours, une demande au Comité des sanctions du Conseil de sécurité, pour modifier le régime de sanctions imposé à la Libye il y a 10 ans afin de « prévenir l'érosion des fonds libyens gelés et de préserver l’argent du peuple libyen »
Il a expliqué dans ce sens, que « la Libye a soumis à plusieurs reprises au Conseil de sécurité, des preuves des grandes pertes qu'elle subit à cause du régime de sanctions, mais à chaque fois nous entendons des prétextes pour nous empêcher de gérer notre argent ».
Et de prévenir, « Nous ne resterons pas les bras croisés face aux tentatives de certains pays de mettre la main sur cet argent, comme c’était le cas récemment par certaines institutions gouvernementales belges qui ont tenté de saisir 14 milliards d'euros des fonds souverains de la Libye et de mettre la main sur près de 50 millions de dollars de compensation dans les affaires gouvernementales ».
Al-Sunni a souligné que « dans le cas où notre demande serait entravée, nous saisirons la justice internationale et nous exigerons une compensation pour le peuple libyen pour ces pertes ».
Le 23 octobre 2020, les Nations Unies ont annoncé que les deux parties au conflit en Libye étaient parvenues à un accord de cessez-le-feu, dans le cadre des discussions du Comité militaire mixte (5 + 5) à Genève, en Suisse.
L'accord prévoyait le retrait de tous les mercenaires étrangers de Libye dans les 3 mois suivant cette date.
La Libye, pays riche en pétrole, est en proie à un conflit armé dans lequel les milices du général putschiste, Khalifa Haftar, appuyés par nombre de pays arabes et occidentaux, disputent pouvoir et légitimité au gouvernement libyen, internationalement reconnu, causant des pertes parmi les civils ainsi que d’importants dégâts matériels.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail