Nadia Chahed
04 Avril 2018•Mise à jour: 05 Avril 2018
AA / Kinshasa / pascal Mulegwa
Kinshasa a exprimé son souhait de voir la mission de l’ONU (MONUSCO) se retirer "définitivement" de la République démocratique du Congo (RDC) d’ici 2020.
Ce souhait a été exprimé par le ministre congolais des Affaires étrangères Leonard She Okitundu, lors d’un point de presse tenu mardi soir à Kinshasa.
"Nous avons fait savoir au Conseil de sécurité que ce mandat était considéré comme l'avant-dernier avant un retrait définitif de la force après vingt ans de présence dans notre pays", a-t-il déclaré.
She Okitundu a rappelé, à l'occasion, que le président Joseph Kabila avait déclaré que "la force onusienne ne peut nourrir l'ambition de rester indéfiniment" dans le pays.
Présente en RDC depuis 1999, la MONUSCO forte de 16.215 militaires, 660 observateurs militaires et officiers d'état-major, 391 policiers et 1.050 membres d'unités de police constituées, est pratiquement la mission de maintien de la paix la plus importante et budgétivore de l’ONU dans le Monde.
Son mandat a été prorogé jusqu'au 31 mars 2019 par le Conseil de sécurité de l’ONU le 27 mars dernier avec pour priorité la protection des civils et la mise en œuvre du processus devant déboucher sur des élections le 23 décembre.
Le chef de la diplomatie congolaise a par ailleurs confirmé que la RDC ne participera pas à la conférence des donateurs prévue le 13 avril à Genève sous l’égide de l’ONU et l'Union européenne.
La conférence de Genève vise à mobiliser quelque 1.7 milliard de dollars pour les opérations humanitaire en RDC.
Kinshasa estime que l'ONU et les ONG qui ont élevé au niveau maximum "d'alerte 3" la RDC, sont trop alarmistes avec des chiffres excessifs.
Ce classement "projette une image de catastrophe extrême et généralisée assimilant la situation en RDC à certains pays du monde où se déroulent des guerres de haute intensité", a déclaré She Okitundu affirmant que la RDC ne compte qu’environ 230 000 déplacés.
Il a en outre annoncé que le gouvernement débloquera 100 millions de dollars en faveur de ces déplacés repartis dans les régions du Kasaï (centre), le Kivu (Est) et le Tanganyika (Sud-est).