Nadia Chahed
29 Août 2017•Mise à jour: 30 Août 2017
AA/Abidjan/Fulbert Yao
En Côte d’Ivoire, les préparatifs de Tabaski (Aid al-Adha) vont bon train, renflouant au passage les bourses de jeunes qui s'improvisent à l'occasion aide-vendeurs, vendeurs d'herbe fraîche ou transporteurs d'eau.
Les marchés aménagés sur tout le territoire ivoirien sont pris d'assaut par des pères de famille à la recherche du mouton qui sera à la fois beau (pour les enfants), en bonne santé et à un prix abordable. Une tâche qui risque de s'avérer difficile, notamment, pour les plus démunis.
Pour faire face aux dépenses de la fête certains, aussi bien des hommes que des femmes, excercent des petits métiers tout autour du mouton.
A l’abattoir de Port-Bouët, dans la partie sud d'Abidjan, une drôle de cacophonie anime le lieu : voix humaines, bêlement de moutons et bruits de klaxons ne semblent vouloir s'arrêter.
Sur place Bouaré Alidou, la quarantaine, se mêle à la foule, se faufilant entre les attroupements pour vendre son herbe fraîche aux éleveurs, activité qui lui permet de gagner une somme conséquente en cette période de fête, dit-t-il à Anadolu.
Pour s'approvisionner, il se rend quotidiennement à Bingerville, dans la banlieue d’Abidjan, ou dans des communes proches, où l'herbe pousse en abondance.
"Je vends la charrette d'herbe entre 5000 et 10 000 Fcfa (soit entre 9 et 18 dollars américains). Parfois je vends des bottes de foin à 20 000 FCFA (36 USD) ou encore au détail pour une somme variant entre 200 et 500 FCFA ( entre 0,35 USD et 0,9 USD) à ceux qui le veulent", explique Alidou.
"Des fois nous nous mettons à quatre pour louer un camion, ça nous évite de faire plusieurs aller-retour et nous permet de faire des économies", indique-t-il.
"Nous vendons aussi des peaux de banane, du manioc ou des résidus de maïs, à des prix allant de 1500 FCFA (2,6 USD) à 5.000 FCFA (9 USD) le sac", poursuit Alidou.
De leur côté les femmes se chargent de la distribution de l'eau pour désaltérer les bêtes.
Organisées en groupes de trois ou quatre, elles se rendent, chaque jour vers 5 heures du matin sur les marchés où elles discutent avec les clients avant de partir chercher de l'eau dans des barriques qu'elles vendront entre 1500 FCFA (2,6 USD) et 3.000 FCFA (5,3 USD), l'unité.
"A la fin de la journée, nous gagnons jusqu'à 30.000 FCFA (54 USD), que nous nous partageons", déclare Traoré Fanta, une vendeuse d'eau dans un marché d'Abidjan.
"Souvent, nous attendons jusqu'à la veille de la fête pour se partager l’argent. Certaines en font usage pour acheter de nouveaux vêtements, d’autres pour lancer de nouveaux commerces", explique encore Fanta.
En cette période de fête, les menuisiers aussi voient leurs commandes, notamment d'enclos et de palettes, augmenter.
Dans la menuiserie d‘Ibrahim Koné, non loin du marché de bétail, trois ouvriers s'activent durant plusieurs heures de la journée pour fabriquer des palettes, qui seront ensuite vendues à 2.000 FCFA (3,5 USD), l'unité.
Pour les vendeurs de bétails, ces petites activités autour du mouton allègent leur tâche. Ils précisent, toutefois que celles-ci n’ont aucune incidence sur le prix de vente des bêtes.
« Les frais engagés pour abreuver, nourrir et protéger nos animaux n’impactent pas sur le prix de vente des moutons», dit Mahamadou, un commerçant, soulignant que « Le prix des moutons oscillent présentement entre 50.000 (90 USD) et 300.000 FCFA (540 USD) ».