Bayram Altuğ,Ayvaz Çolakoğlu
16 Mai 2017•Mise à jour: 17 Mai 2017
AA - Kigali - Ayvaz Colakoglu
La ministre rwandaise des Affaires étrangères et la porte-parole du gouvernement Louise Mushikiwabo a appelé les industriels et entrepreneurs turcs à investir au Rwanda.
"Nous proposons des facilités attrayantes aux investisseurs. J'invite les entreprises turques à investir au Rwanda. Nous sommes prêt à les écouter et à leur proposer des facilités" a-t-elle indiqué.
Dans un entretien accordé au correspondant de l'Agence de presse turque Anadolu, la ministre a abordé divers sujets, comme les relations bilatérales, le rôle joué par la France et l'Organisation des Nations-Unies (ONU) dans le génocide de 1994, la colonisation et la crise syrienne.
Mushikiwabo est considérée comme la politicienne la plus influente de son pays, après le chef de l'Etat Paul Kagame. Cette dernière a insisté sur les opportunités offertes aux entreprises turques dans les secteurs de l'énergie, des infrastructures et de la construction au Rwanda, relevant le très bon niveau des relations diplomatiques entre les deux pays.
La cheffe de la diplomatie rwandaise a également indiqué qu'elle s'entretient souvent avec son homologue turc Mevlut Cavusoglu, qu'elle appelle son "frère".
Rappelant sa première visite en Turquie, il y a 6 années, elle déclare avoir pris conscience du développement économique, du rôle de pont joué entre l'Europe et l'Asie et des liens très forts de la Turquie avec le Moyen-Orient, "j'ai vu des gens dynamiques en Turquie, j'ai pu constater l'intérêt qu'ils portent au commerce et aux investissements" a-t-elle ajouté.
Mushikiwabo a vanté la réactivité de la compagnie aérienne turque, Turkish Airlines, rappelant qu'ils avaient demandé qu'une liaison soit mise en place avec le Rwanda et que le projet avait été finalisé en moins de 6 mois.
"Les Turcs réalisent actuellement, 10 % des investissements au Rwanda mais les conditions sont favorables pour augmenter ce taux. Les entreprises et hommes d'affaire turcs font du bon travail. Nos relations politiques sont aussi très bonnes" a-t-elle relevé.
Les secteurs de l'énergie et de la construction sont les deux priorités du gouvernement a précisé Mushikiwabo, "les investissements dans le secteur de l'énergie sont une priorité pour le Rwanda. Nous avons besoin d'un accès sûr et rapide à l'électricité. Notre pays a également des besoins énormes en termes d'infrastructures" a-t-elle dit.
"Nous proposons des facilités attrayantes aux investisseurs. Nos réformes économiques se poursuivent. Par conséquent, nous avons une bonne place au classement de la Banque Mondiale. De plus, nous avons des accords avec la Turquie qui offrent des avantages aux hommes d'affaire turcs. Pour toutes ces raisons, j'invites les entreprises turques à investir au Rwanda. Nous sommes prêts à les écouter et leur proposer des facilités" a-t-elle poursuivi.
Le génocide rwandais de 1994 a causé la mort de près d'un millions de personnes appartenant à l'ethnie Tutsi.
La ministre rwandaise a expliqué que son pays a enregistré d'énorme progrès depuis cette date en ce qui concerne le respect des droits de l'Homme et des minorités, et l'harmonisation de la société.
Concernant le génocide, Mushikiwabo a affirmé que la communauté internationale a ignoré les événements horribles qui se sont déroulés à l'époque.
"La France était le plus grand soutien de ce régime qui a massacré 1 millions d'individus sur les 7 millions d'habitants qui composaient le pays, ce n'est pas un secret. Cette situation a rendu très compliquée les relations entre la France et le Rwanda. S'il faut le dire simplement, la France a cru possible de renier et de tirer un trait sur ce qui s'était passé. Mais les preuves sont accablantes" a-t-elle lancé.
Sur la période de colonisation par la Belgique, la ministre a indiqué que la méthode habituelle du diviser pour mieux régner avait été appliquée.
Mushikiwabo a également abordé la question syrienne regrettant le manque d'effort de la part des pays membres permanents de l'ONU.
"Le premier obstacle qui se dresse devant la paix en Syrie c'est les intérêts en concurrence. Le second, qui est beaucoup plus affligeant, c'est le manque d'effort de la part des cinq pays membres permanents de l'ONU qui ont normalement pour mission de maintenir la paix à travers le monde. Toutes ces puissances se contentent d'être observateurs. La même chose s'est déroulée pour le génocide rwandais, l'ONU nous a littéralement abandonnés" a-t-elle déclaré.
"La Turquie mérite tous les éloges pour les millions de réfugiés syriens qu'elle accueille. Le peuple turc est très généreux et accueillant" a-t-elle conclu.