Mourad Belhaj
19 Janvier 2021•Mise à jour: 19 Janvier 2021
AA / Kampala, Ouganda
L'Ouganda a accusé, mardi, les États-Unis d'ingérence dans les affaires internes du pays, notamment concernant les résultats des élections, quelques jours après que le président sortant, Yoweri Museveni, ait remporté un sixième mandat lors des élections du 14 janvier.
L’Ambassadrice américaine, Natalie E. Brown, a été empêchée par les services de sécurité de rendre visite au leader de l'opposition Bobi Wine à sa résidence proche de la capitale Kampala.
L'ambassade américaine a déclaré, dans un communiqué, que ses diplomates rencontrent régulièrement des acteurs de l'ensemble du spectre politique ougandais dans le cadre de leur mission diplomatique.
Le but de la visite était de s'enquérir de l’état de santé et de la sécurité de Bobi Wine, qui n'a pas été en mesure de quitter son domicile, les forces de sécurité ayant encerclé sa résidence, ajoute le communiqué.
"Ce qu'elle a essayé de faire de manière flagrante, c'est de s'immiscer dans la politique interne de l'Ouganda, en particulier les élections, pour contourner nos élections et la volonté du peuple", a déclaré le porte-parole du gouvernement Ofwono Opondo. Et d’ajouter à propos de la diplomate américaine : "Elle ne devrait rien faire en dehors des normes diplomatiques."
Bobi Wine, pop star passée à la politique, dont le vrai nom est Robert Kyagulanyi Ssentamu, a déclaré que sa vie était en danger et qu'il était réduit au silence par le gouvernement.
Le jeune homme de 38 ans, qui a bénéficié du soutien des jeunes, a contesté les résultats du vote en affirmant qu'il s'agissait d'un simulacre.
Museveni a remporté un nouveau mandat de cinq ans avec 58,6 % des voix, contre 34,8 % pour Wine. Il est l'un des plus anciens dirigeants d'Afrique, ayant survécu à de nombreux autres comme le Soudanais Omar al-Bachir et le Zimbabwéen Robert Mugabe.
Cette campagne électorale a été l'une des plus violentes de ce pays d'Afrique de l'Est et a fait plus de 50 morts parmi les Ougandais, alors que des centaines d'entre eux croupissent toujours dans des prisons. Les forces de sécurité ont régulièrement interrompu les rassemblements de Bobi Wine avec des gaz lacrymogènes, des passages à tabac et des arrestations.
L'accès à Internet a été coupé avant le jour des élections. Il est maintenant rétabli, mais les plateformes de médias sociaux comme Facebook et Twitter restent interdites.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj