Serap Dogansoy
02 Septembre 2026•Mise à jour: 02 Septembre 2026
Amnesty International a appelé mercredi les gouvernements européens à abandonner leurs projets de création de « centres de retour » en dehors de l’Union européenne, notamment au Rwanda et en Ouganda, invoquant de possibles violations graves des droits humains.
L’Autriche, le Danemark, l’Allemagne, la Grèce et les Pays-Bas doivent se réunir vendredi 4 septembre pour examiner l’avancement de ces projets. Les personnes concernées pourraient être transférées vers des pays où elles n’ont jamais séjourné, dans des structures susceptibles d’être financées par des États membres de l’UE.
« Par leur conception même, et quel que soit leur emplacement, les “centres de retour” comportent un risque de violations graves des droits humains », a déclaré Eve Geddie, directrice du bureau des institutions européennes d’Amnesty International.
L’organisation cite notamment les risques de détention arbitraire, de torture, de traitements inhumains ou dégradants, de renvois vers les pays d’origine et de restrictions à l’accès à des recours effectifs.
Les modalités précises de ces dispositifs n’ont pas encore été rendues publiques. Amnesty affirme toutefois que les négociations menées par les cinq États européens seraient particulièrement avancées avec le Rwanda et l’Ouganda.
Un centre envisagé en Ouganda pourrait accueillir jusqu’à 10.000 personnes et devenir opérationnel en 2027, d’après des informations de presse reprises par l’organisation.
Le règlement européen sur les retours, qui doit fournir une base juridique à ces centres, n’a pas encore été formellement adopté.
Le texte prévoit que de tels accords ne peuvent être conclus qu’avec des pays respectant les normes et principes internationaux relatifs aux droits humains.
Amnesty met en cause le bilan du Rwanda et de l’Ouganda dans ce domaine. Elle rappelle notamment qu’en 2023, la Cour suprême britannique avait jugé que le Rwanda ne pouvait être considéré comme un pays tiers sûr pour le transfert forcé de demandeurs d’asile depuis le Royaume-Uni.
Aucune réaction du Rwanda ni de l’Ouganda n’avait été rapportée au moment de la publication de la présente dépêche.