Nadia Chahed
27 Février 2018•Mise à jour: 28 Février 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Un policier accusé d’avoir tué un manifestant lors des marches anti-Kabila organisées, dimanche à Mbandaka dans le Nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC) a été condamné "à la prison à perpétuité", a appris mardi Anadolu d'une source policière.
"Le policier Agbe Obeid a été condamné à la prison à perpétuité pour avoir tiré à bout portant sur un manifestant le dimanche 25 février à Mbandaka, capitale de la province de l’Equateur", a déclaré à Anadolu le colonel Daniel Yav chef adjoint de la police de l’Equateur dans le Nord-est congolais, rappelant que des consignes de " ne pas tirer sur des manifestants" ont pourtant été données aux forces de l'ordre
Dans la capitale Kinshasa, un manifestant actif dans un mouvement citoyen hostile à Kabila avait également été tué par balle, dimanche, dans l’enceinte d’une paroisse catholique.
Le policier, auteur de ce coup de feu, a été arrêté lundi et présenté à la presse, selon le chef de la police de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo joint par Anadolu mardi.
"Il sera jugé d’ici peu", a-t-il déclaré, notant que des consignes claires ont été communiquées aux forces de l'ordre pour ne pas tirer sur des civils désarmés.
Le comité laïc de coordination (CLC), structure catholique organisatrice de ces marches interdites, avait livré un bilan de trois morts dont deux à Kinshasa.
Les responsables de cette structure soutenue par l’épiscopat et le Saint-Siège ont promis dimanche soir qu'"il n'y aura pas de répit pour le pouvoir en place".
Les manifestations organisées dimanche marquent la troisième mobilisation anti-Kabila, initiée par les catholiques en près de deux mois. ces derniers exigent le départ de Kabila, demeuré au pouvoir au delà de son mandat constitutionnel arrivé à terme en décembre 2016.
Les deux dernières marches du 31 décembre et du 21 janvier avaient été dispersées par la police à coup de balles réelles, faisant une dizaine de morts à Kinshasa d'après l’Église et l’ONU. Deux morts, selon le gouvernement.
Reportées à deux reprises, la présidentielle, couplée des législatives et provinciales, est prévue le 23 décembre 2018.