Lassaad Ben Ahmed
30 Avril 2018•Mise à jour: 01 Mai 2018
AA / Niamey / Kané Illa
Depuis le 18 avril, 241 étudiants et élèves nigériens ont été arrêtés, a appris Anadolu de source proche de leur syndicat, l’Union des scolaires nigériens (USN).
«Le Comité directeur exprime sa solidarité avec tous les camarades détenus (241 militants arbitrairement détenus sur le territoire national) et souhaite un prompt rétablissement à tous les blessés», a indiqué l’USN dans une déclaration émise dimanche et dont Anadolu s’est procurée copie.
Dans la même déclaration, le principal syndicat des étudiants et élèves nigériens a réaffirmé «le maintien et la continuité» de son mot d’ordre de «grève illimitée», qu’il a lancée le 20 avril dernier.
Le Comité directeur de l’USN a, en outre, appelé ses militants à boycotter le «Brevet sportif » dont les compétitions débutent lundi 30 avril.
Parmi les 241 militants de l’USN arrêtés, figurent les cinq étudiants de l’Université de Niamey, arrêtés le 18 avril suite aux violents heurts avec les forces de l’ordre, ainsi que d’autres étudiants des élèves des Universités, lycées et collèges d’autres villes du Niger.
Dans un communiqué publié le samedi dernier, le gouvernement a ordonné la fermeture des cités et restaurants de toutes les universités du pays, si les étudiants ne reprennent pas les chemins des facultés lundi.
«Le gouvernement a rendu public un communiqué samedi 28 avril 2018, dans lequel les étudiants sont invités à reprendre les cours au plus tard lundi 30 avril 2018», a écrit le ministre de l’Enseignement supérieur Yahouza Sadissou, dans une circulaire adressée aux responsables des centres des œuvres universitaires.
«Si à l’expiration de ce délai la grève persiste, je vous demande de prendre toutes les dispositions en rapport avec les gouverneurs et les recteurs pour la fermeture des cités et restaurants universitaires, le lundi 30 avril à partir de 18h00», a ordonné le ministre.
Le campus et les cités annexes de l’Université de Niamey ont déjà été fermés depuis le 18 avril dernier, à la suite des violents heurts qui ont opposé les étudiants aux forces de l’ordre.
Lors du conseil des ministres tenu vendredi 20 avril, le gouvernement a rappelé «que les examens du Baccalauréat, du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et du Brevet de techniciens supérieurs (BTS) d’Etat sont maintenus», c’est-à-dire aux mois de juin et juillet prochains.
Dans un communiqué publié le même jour, le recteur de l’Université de Niamey a aussi indiqué que les activités académiques vont se poursuivre dans les facultés, écoles et instituts.
Depuis le début de l’année scolaire et académique, en octobre,un climat de tension reigne au sein des écoles et universités nigériennes, tantôt en raison des grèves des enseignants, tantôt en raison des mouvements des élèves et étudiants.
La situation est particulièrement devenue tendue au niveau de l’université de Niamey, depuis le mois de février dernier, quand une crise s’est déclenchée entre les étudiants et les enseignants.
Protestant contre «l’agression» d’un de leurs camarades par des étudiants, les enseignants ont engagé une «grève illimitée» qui a duré un mois et au terme de laquelle ils ont obtenu le renvoi définitif de cinq responsables syndicaux des étudiants et le déploiement des forces de l’ordre dans certaines facultés.