Safwene Grira
07 Juin 2016•Mise à jour: 08 Juin 2016
AA/ Ouagadougou/ Lougri Dimtalba
La justice burkinabè a définitivement renoncé à poursuivre par elle-même le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, en optant néanmoins pour une procédure de "dénonciation" auprès de la Côte d'Ivoire, a appris Anadolu mardi de source officielle burkinabè.
Un mandat d'arrêt international émis par la justice militaire burkinabè à l'encontre de Soro a été annulé, en avril dernier, par la Cour de cassation du Burkina Faso pour "vice de forme". L'émission d'un nouveau mandat d'arrêt international rencontrera, dès lors, les mêmes "obstacles juridiques", a fait savoir, lundi dans une communication officielle, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire de Ouagadougou, Alioune Zanré.
Parmi ces obstacles, "le principe selon lequel aucun Etat n’extrade son national", ainsi que des dispositions dans "les conventions multilatérales qui lient le Burkina aux autres organisations et pays sur l’extradition", selon la même source.
En revanche, "le parquet a opté pour la procédure de dénonciation", qui consiste à demander à la Côte d'Ivoire de poursuivre son propre ressortissant, suspecté par Ouagadougou d'avoir été impliqué dans le putsch manqué de septembre dernier.
Aucune réaction du Gouvernement ivoirien n'a été enregistrée, mardi, jusqu'à 08h00 GMT.
Le 16 septembre dernier, des soldats de l'ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) ont perpétré un coup d’Etat en renversant brièvement le régime de la transition, installé après la chute du Président Blaise Compaoré, en octobre 2014.
Début janvier, la justice militaire burkinabè a lancé un mandat d’arrêt international contre le président de l’Assemblée ivoirienne en se fondant sur l'enregistrement d'une conversation téléphonique supposée avoir eu lieu entre lui et le dernier ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré, Djibril Bassolé, en vue de soutenir le putsch.
Depuis lors, les relations diplomatiques entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso se sont détériorées, au moins jusqu'au 1er juin, quand une délégation burkinabè conduite par le président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, Salifou Diallo, s’est entretenue avec le président ivoirien Alassane Ouattara à Abidjan.