Mona Saanouni
05 Novembre 2020•Mise à jour: 05 Novembre 2020
AA / Tunis / Yosra Ouannes
Le président tunisien Kais Saïed a réitéré, mercredi, son affirmation en vertu de laquelle « la solution de la crise libyenne ne peut émaner que des Libyens eux-mêmes ».
C'est ce qui ressort d'un communiqué rendu public, mercredi, par la présidence de la République tunisienne, au terme d'un entretien téléphonique qui a eu lieu mercredi entre Kais Saïed et le président du Conseil italien, Guiseppe Conte.
Saïed a affirmé au cours de l'entretien que « la stabilité et la sécurité en Libye se reflétera positivement sur la région tout entière ».
De son côté, le président du Conseil italien a, selon le communiqué, exprimé son « appui et ses souhaits de succès pour le Dialogue Interlibyen ».
Sous les auspices des Nations unies, des réunions préparatoires au Forum du Dialogue politique libyen ont démarré en vidéoconférence, le 26 octobre dernier, avec la participation de tous les protagonistes libyens.
La Tunisie accueillera les réunions directes, selon des déclarations onusienne et tunisienne, à partir du 9 novembre courant, dans une tentative de résoudre la crise libyenne, en identifiant une solution politique durable.
Le 23 octobre dernier, les Nations unies avaient annoncé que les deux protagonistes du conflit libyen sont parvenus à conclure un accord de cessez-le-feu, fruit des discussions du Comité militaire mixte (5+5) tenues dans la ville suisse de Genève.
Pays voisin de la Tunisie, la Libye souffre depuis plusieurs années d'un conflit armé. Avec l'appui de nombre de pays arabes et occidentaux, les milices du général putschiste Khalifa Haftar disputent au gouvernement, internationalement reconnu, pouvoir et légalité, dans ce pays riche en pétrole.
Un cessez-le-feu prévaut en Libye, depuis le 21 août dernier, mais qui est violé de manière sporadique par les milices de Haftar.
Sur un autre plan, l'entretien entre Conte et Saïed a, longuement, évoqué, selon le communiqué tunisien, la question de l'immigration clandestine et les moyens susceptibles de la traiter.
Saïed a affirmé, dans ce cadre, qu’il s'emploie « à mettre un terme à ce phénomène », relevant qu'il s'agit d'une « opération complexe et qu'il est nécessaire d'en traiter les causes et facteurs et non pas de s'attarder uniquement sur ses résultats ».
La solution, a-t-il précisé, « pourrait être bilatérale mais aussi multilatérale, dans la mesure où la Tunisie fait face à une série de problèmes liés à ce phénomène ».
Saïed a tenu à relever que les « solutions sécuritaires ne sont pas aptes à résoudre le problème de l'immigration clandestine, tant que ses facteurs n'ont pas été traités, en particulier les facteurs économiques et sociaux ».
A son tour, Conte a relevé « les difficultés auxquelles fait face l'Italie pour contenir et abriter les migrants irréguliers, en particulier, à la lumière de la propagation de la pandémie de la Covid-19 ».
Le rythme de l'immigration clandestine à partir des côtes tunisiennes vers les rives européennes s'est accentué, depuis 2011, tandis que les autorités s'emploient à serrer l'étau autour des passeurs et des organisateurs de cette immigration.
Selon des chiffres officiels, quelque 22 mille Tunisiens on rejoint les côtes italiennes, de manière illégale, uniquement en 2011.
*Traduit de l'arabe par Hatem Kattou