Nadia Chahed
01 Mars 2019•Mise à jour: 01 Mars 2019
AA/Tunis
L'organisation Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé jeudi soir la suspension de ses activités dans la province du Nord-Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), épicentre d'une épidémie d'Ebola déclarée depuis le premier août dernier.
Cette décision est motivée par la nouvelle attaque qui a ciblée jeudi matin, un centre de traitement anti-Ebola cogéré par MSF et le ministère de la Santé congolais, à Butembo (Nord-Kivu), précise l'ONG dans un communiqué publié jeudi soir et dont Anadolu a reçu copie.
Des assaillants non identifiés ont incendié des bâtiments du CTE (Centre de traitement d'Ebola) ainsi que des véhicules, rapporte l'ONG, précisant que le feu a été maîtrisé, mais les équipes ont été forcées de cesser immédiatement toute prise en charge.
Au moment de l’attaque, 57 patients étaient hospitalisés dans le CTE, dont 15 étaient des cas confirmés, note encore le communiqué, ajoutant que le personnel de la zone a été évacué pour garantir leur sécurité le temps qu’une analyse approfondie puisse être menée pour déterminer les risques de poursuivre la prise en charge médicale sur place.
MSF rappelle, en outre, que cet incident intervient quelques jours après l’attaque, le 24 février, d’un autre CTE, également soutenu par les équipes MSF, dans le district voisin de Katwa et dont les activités ont, de fait, été arrêtées.
"Nous sommes extrêmement attristés par ces attaques contre nos structures médicales", a déclaré Hugues Robert, responsable des programmes d’urgence pour MSF, cité dans le communiqué.
"Non seulement elles mettent en danger la vie de nos équipes, mais elles menacent les plus vulnérables dans cette situation : les patients. Au regard de ces deux incidents violents, nous n’avons pas d’autre choix que de suspendre nos activités jusqu’à nouvel ordre. À ce moment si critique de la riposte Ebola, il très difficile pour nous, soignants, de devoir laisser derrière les patients, leurs familles et les membres de la communauté.", a-t-il ajouté.
Aucun membre du personnel ni aucun patient n’a été blessé, mais les deux attaques ont été traumatisantes pour les patients, leurs proches et les équipes qui se trouvaient dans les CTE à ce moment-là, note l'ONG, précisant que le garde-malade d’un patient est décédé pendant l’attaque du CTE de Katwa, probablement alors qu’il tentait de fuir.
Près de sept mois après le début de cette épidémie Ebola dans les provinces d’Ituri et du Nord-Kivu, 879 cas ont été confirmés et 553 personnes sont mortes.
En plus des CTE de Butembo et Katwa, MSF s’occupe d’activités en lien avec Ebola dans les villes de Kayna et Lubero, dans le Nord-Kivu. Elle gère, également, deux structures d’isolement en Ituri, dans les villes de Bwanasura et Bunia.
A Goma, MSF soutient les activités de préparation aux urgences en renforçant le système de surveillance et en veillant à garantir une capacité suffisante pour isoler les cas suspects.