Nadia Chahed
06 Juin 2018•Mise à jour: 06 Juin 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
L’ONU a annoncé, mercredi, avoir recensé, durant le mois de mai écoulé, 128 cas de violations "graves" commises à l’encontre d'enfants, en marge des conflits armés qui déchirent plusieurs régions de la République démocratique du Congo (RDC),
"En mai 2018, (…) la MONUSCO (Mission de l’ONU en RDC …Ndlr) a documenté 128 violations graves commises à l’encontre des enfants dans le contexte du conflit armé" qui "laisse les populations, et particulièrement les enfants, à la merci de diverses formes de violences condamnables", relève la mission onusienne dans un rapport mensuel publié mercredi.
Ces violations, dont 80 % ont été recensées dans la province du Nord-Kivu (Est), relèvent, notamment du recrutement et de l’utilisation de ces enfants au sein des groupes armés, de meurtres, mutilations, violences sexuelles et enlèvements, selon le même rapport.
L'ONU attribue 85 % de ces violations aux milices et aux groupes armés et 15 % à l’armée et à la police.
Durant le mois de mai, deux filles et 90 garçons, "ont été sujets au recrutement et à l’utilisation au sein des groupes armés, dans la province du Nord-Kivu frontalière avec le Rwanda et l’Ouganda.
"Huit filles et 14 garçons ont été victimes de meurtres et de mutilations (...) 3 filles et 4 garçons ont été enlevés et 6 autres filles ont été victimes de violences sexuelles", précise le document qui accuse des militaires congolais "de violations des droits de l’enfant, y compris de violences sexuelles, meurtres et mutilations d’enfants".
Dans la région du Kasaï (centre de la RDC) qui fut le théâtre des violences sanglantes (entre août 2016 – mi 2017), l’ONU affirme qu’au moins 68 enfants "sont encore retenus en otage" par la milice Kamwina Nsapu dont les combattants et partisans s’attaquaient aux édifices publics, fonctionnaires et forces de sécurité.
Au cours de la même période, 24 enfants (13 filles, 11 garçons) ont été libérés de cette milice, selon le rapport. Certains de ces enfants ont obtenu leur libération à la suite du paiement de rançons par leurs familles respectives, affirme l’ONU. Ce rapport n’a pas encore été commenté par Kinshasa qui siège depuis octobre dernier au conseil des droits de l’homme de l’ONU.