Nadia Chahed
13 Février 2018•Mise à jour: 13 Février 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les Etats-Unis ont dénoncé l’inaction du président congolais, Joseph Kabila, concernant le dossier des deux experts onusiens tués en mars 2017 dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC).
S'exprimant, lundi soir, devant le conseil de sécurité de l'ONU, l'ambassadrice américaine Nikki Haley a déclaré avoir remis, en octobre dernier, au président congolais une liste "très sérieuse" d'individus impliqués dans le meurtre des deux experts de l’ONU, déplorant que rien n'a été fait depuis pour faire avancer l'enquête.
Les deux experts onusiens Zaida Catalan, Suédo-chilienne et Michael Sharp, Américain, ont été tués le 12 mars 2017, alors qu’ils enquêtaient sur les violences qui ravageaient la région du Kasaï (Centre).
L'ONU a publié deux rapports distincts sur ce meurtre.
L’un datant de juin, évoque un "guet-apens prémédité", sans exclure l'implication de membres de la sécurité d'Etat, alors que l’autre, émis en août, évoque un crime commis par des miliciens et réclame des investigations complémentaires pour identifier formellement les auteurs.
Présent dans la salle lors de la séance tenue lundi par le Conseil de sécurité, le chef de la diplomatie congolaise Leonard She Okitundu a pointé du doigt la responsabilité des miliciens Kamwina Nsapu dans ce double meurtre et considéré l'enquête congolaise comme exemple de "l'engagement des autorités congolaises à lutter contre l'impunité".
Fin novembre dernier, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avait nommé le procureur canadien Robert Petit, pour diriger une équipe d’experts qui va appuyer la justice congolaise dans cette enquête.
Leonard She Okitundu a rejeté les récurrentes allégations de l’ONU et de l'Organisation Human Rights Watch (HRW) sur les récurrentes violations des droits de l’Homme, affirmant qu’"aucun opposant n’est détenu au secret (…) aucune exécution extrajudiciaire n’a été faite". "La RDC n’est pas l’enfer des droits de l’homme", a-t-il enchaîné.