Lassaad Ben Ahmed
07 Juillet 2020•Mise à jour: 07 Juillet 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les violences ont repris de plus belle au Tanganyika, une province dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC) confrontée à des tensions entre les autochtones (Pygmées) et d’autres communautés.
Dimanche, des combattants de la milice Twa « Hapa na Pale » [ du Swahili : ici et là ] ont attaqué la localité de Mugunga, dans le territoire de Nyunzu, tuant 12 civils, a indiqué à l’Agence Anadolu Dieudonné Kamona, porte-parole du gouvernement provincial du Tanganyika.
Six autres personnes ont été blessées lors de l’attaque, a-t-il précisé, affirmant que six combattants ont été « neutralisés » quelques heures après l’attaque, lors de la riposte de l’armée congolaise.
Trois jours avant cette attaque, deux autres localités du territoire de Nyuzu, ont été attaquées par une milice Twa, selon la même autorité, sans préciser de bilan. « On ne sait pas ce qui justifie ce regain », s’est plaint l’officiel.
De la trente-septième réunion du conseil des ministres, la semaine dernière, le gouvernement congolais a noté que le « conflit intercommunautaire entre Bantou et Pygmées semble s’exacerber ».
Le vice - premier ministre en charge de l’intérieur et de la sécurité avait affirmé que les « forces de défense et de sécurité, de même que la notabilité locale de Mulange dans la Province du Tanganyika, s’impliquent pour la résolution de ces tensions ».
La crise au Tanganyika est l’une des moins médiatisées du Congo-Kinshasa. Les violences ont repris alors que l’ONU a fermé, depuis début 2020, sa base de Manono, à 450 km au sud-ouest de Kalemie, capitale de la province.
Chasseurs « nomades » et « minoritaires » en RDC, les Pygmées dénoncent une « marginalisation et une discrimination » dont ils seraient victimes depuis des décennies, notamment de la part des populations Bantous dans la province découpée en 4 depuis la fin de l’année 2015.
Le conflit est vieux mais les violences se sont exacerbées depuis le milieu de l’année 2016.
Plus de 200 personnes sont mortes dans ces violences, selon l’Agence onusienne pour les réfugiés (HCR, 2019). Des centaines de milliers de personnes ont été poussées à fuir leurs localités, selon la même organisation.