Lassaad Ben Ahmed
25 Février 2018•Mise à jour: 26 Février 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Un manifestant d'une trentaine d'années a été tué par balle, dimanche, à Kinshasa par la police lors des marches des catholiques contre le président Joseph Kabila, a appris Anadolu de source hospitalière.
"Nous avons reçu trois blessés par armes à feu. Le troisième qui a reçu une balle à la poitrine est décédé", a déclaré à Anadolu le docteur François Kajingulu, médecin directeur de l'hôpital Saint-Joseph de Limete, dans le centre de Kinshasa.
Militant appartenant à un mouvement citoyen Anti-Kabila, l’homme décédé a été atteint par des tirs à balles réelles à la paroisse Saint-Benoît dans la commune de Lemba, selon ses proches qui l’ont amené à l’hôpital.
La veille, le chef de la police de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo avait pourtant demandé à ses troupes de ne pas tirer sur les manifestants. Il a toutefois affirmé que les policiers seront "courtois mais fermes".
Dans plusieurs paroisses, des fidèles ont été dispersés à gaz lacrymogènes, faisant des blessés légers, selon le correspondant d’Anadolu qui a fait la ronde de la capitale congolaise où les forces de sécurité ont érigé des barrages, fouillant systématiquement les véhicules et les passagers.
En réponse à cette mobilisation de catholiques, le gouvernement a ordonné la coupure d’Internet et des services de messagerie, dimanche vers 7H GMT ,quelques minutes avant la fin des messes catholiques, marquant le début des manifestations.
Initiée par le Comité laïc de coordination (CLC), collectif catholique reconnu par l’influent épiscopat et le Saint-Siège, cette marche est la troisième mobilisation du genre, initiée par les catholiques en près de deux mois.
Les deux dernières marches du 31 décembre et du 21 janvier avaient été dispersées par la police à coup de balles réelles, faisant une dizaine de morts à Kinshasa d'après l’Église et l’ONU. Deux morts, selon le gouvernement.
Les catholiques marchent pour demander au président Joseph Kabila, dont le mandat est arrivé à terme en décembre 2016, de déclarer publiquement qu'il ne serait pas candidat au scrutin présidentiel prévu pour le 23 décembre 2018.