Lassaad Ben Ahmed
11 Octobre 2017•Mise à jour: 12 Octobre 2017
AA/ Lomé/ Alphonse Logo
«La coalition marchera. N’en déplaise aux deux ministres», a déclaré mercredi à Anadolu, Francis Pedro Amouzou, chargé de la communication au sein de la coalition de l’opposition togolaise.
Cette déclaration fait office de réponse à la décision des autorités de l'interdiction de toute manifestation pendant la semaine.
Le gouvernement togolais a annoncé mardi soir que les marches pacifiques régulièrement organisées en pleine semaine ne seront plus autorisées.
"Seuls seront désormais autorisées des manifestations publiques comme des meetings, mais plus les marches qui occupent des voies publiques à longueur de journée", a annoncé, mardi soir Payadowa Boukpessi, ministre de l'Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales.
Les «marches en cours de semaine perturbent les activités économiques d'un grand nombre de Togolais», a-t-il expliqué devant la presse
Cette décision fait suite à l'appel lancé il y a quelques semaines aux responsables politiques de privilégier les manifestations des week-ends «afin de permettre aux Togolais non concernés par les marches de vaquer librement à leurs occupations», a-t-il précisé.
Prenant part à la même conférence Col Yark Damehame, ministre de la Sécurité et de la protection civile a dénoncé «des écarts de comportements des manifestants lors des dernières manifestations, dites de la colère, organisées par la coalition des forces démocratiques de l'opposition togolaise (Cap2015, groupe des six, PNP, CAR et Santé du Peuple)».
Mais l’opposition n’a pas l’intention de plier. Cité par des médias locaux, Tikpi Atchadam, président du PNP, Parti National Panafricain a soutenu mercredi que la position des ministres est contraire à la loi.
«S’ils ont l’intention de modifier la loi, qu’ils retournent à l’Assemblée, où cette loi a été votée», a-t-il noté.
L'opposition togolaise prévoit d'ailleurs d'organiser une nouvelle marche mercredi 18 octobre vers siège de la Cedeao, à Lomé, contre le référendum constitutionnel.
Le bras de fer entre le gouvernement et l’opposition togolaise autour de l’amendement de la constitution se poursuit.
Ce projet de réforme qui prévoit notamment l'amendement des articles relatifs au nombre de mandats présidentiels, au mode de scrutin et au vote de la diaspora est rejeté par l'opposition qui défend le rétablissement de la constitution de 1992.