Lassaad Ben Ahmed
08 Janvier 2018•Mise à jour: 09 Janvier 2018
AA/ Lomé/ Alphonse Logo
Lors de sa première rencontre avec la presse, lundi à Lomé, l’opposition togolaise a, de nouveau, rejeté toute idée de référendum sur la constitution togolaise émise par le président Faure Gnassingbé, réaffirmant sa disponibilité au dialogue sous la double médiation guinéenne et ghanéenne.
Faure Gnassingbé avait indiqué sur ce sujet, qui l’oppose à une coalition de 14 partis depuis plus de 4 mois et sur lequel un dialogue est en préparation dans le pays, qu'il appartient au peuple togolais «seul détenteur de la souveraineté nationale, de se prononcer.»
«Dans l’Etat de droit que nous construisons, nous ne pouvons pas prétendre substituer des voix plus autorisées au suffrage universel», a-t-il martelé.
C’était la toute première fois que le chef de l’Etat s’adressait au peuple togolais, depuis le 19 Août, date du déclenchement «des mouvements anti Faure Gnassingbé», réclamant le retour à la constitution de 1992 et son départ du pouvoir.
«Si le régime croit pouvoir s’obstiner à faire de son référendum, une épée de Damoclès sur la tête de l’opposition, il trouvera un peuple togolais à la colère encore plus exacerbée sur son chemin», a répliqué Brigitte Kafui Adjamagbo, coordinatrice de la coalition des 14 partis de l’opposition.
La proposition que le président togolais Faure Gnassingbé entend soumettre au référendum, courant 2018, «limite à deux, le nombre des mandats présidentiels et législatifs et introduit, pour l’élection du président de la République un mode de scrutin uninominal à deux tours».
En revanche, l’opposition réclame la reformulation des articles concernés (59, 60) dans la constitution de sorte à tenir compte de celle de 1992 votée majoritairement par les Togolais (98%) et qui dispose «qu’en aucun cas nul ne peut faire plus de deux mandats... ».
C’est un débat qui sera abordé lors du dialogue politique qui va s’ouvrir entre les protagonistes de la crise togolaise et qui affiche déjà des blocages.
En tout cas, l’opposition togolaise reste déterminée à mener ce combat jusqu’au départ de Faure Gnassingbé.
«Le combat de la libération actuel n’est plus un combat politique entre un parti au pouvoir et l’opposition, mais un conflit ouvert entre… Un régime héréditaire qui a confisqué le pouvoir et la souveraineté depuis plus de 50 ans et un peuple décidé à conquérir sa souveraineté», a indiqué Adjamagbo-Johnson.
L’opposition a informé, lors de la conférence de presse, qu’elle a prévu des meetings dans les villes de Mango, Bafilo et Sokodé. Lesquels meetings sont interdits par le gouvernement.
«Seule la marche pacifique nationale du 13 janvier est maintenue», a déclaré à la presse Ouro Dzikpa Tchatikpi, conseiller du PNP, parti membre de la coalition des 14.
En conclusion, la coalition de l’opposition togolaise a qualifié l’an 2017 d’année de réveil de la population en affirmant sa conviction que «la fin est imminente». Elle a appelé ses militants à rester déterminés « jusqu'à la victoire finale ».