Majdi Ismail
30 Juillet 2021•Mise à jour: 30 Juillet 2021
AA/Tunis
Quatre personnes affiliées au mouvement d’obédience islamique « Ennahdha » comparaissent actuellement devant le juge d'instruction près le Tribunal de première instance de Tunis 2 pour « tentative de violence » devant le Parlement, après l'annonce des mesures d’exception présidentielles, au soir du 25 juillet.
L’information a été rapportée vendredi par l’Agence de presse officielle Tunis-Afrique-Presse (TAP), qui cite une source autorisée près le Tribunal de première instance de Tunis 2.
Parmi ces quatre personnes figurent un membre du Conseil de la Choura (organe consultatif du mouvement), un membre du protocole du président du parti, et un ancien agent de la protection rapprochée de Rached Ghannouchi, chef de file du mouvement, a fait savoir la TAP.
Selon la source autorisée, il a été décidé, mardi dernier, de placer en garde à vue l'ancien garde du corps de Ghannouchi ainsi que le membre du Conseil de la Choura, après avoir été interrogés par la brigade anti-criminalité. Les deux autres personnes comparaitront en état de liberté.
Des plaintes ont été déposées auprès de la brigade anti-criminalité selon lesquelles les quatre personnes en question « tentaient de mener des actes de violence », a-t-on ajouté de même source.
« Ils cherchaient à s'assurer la complicité de certains habitants de la cité Ennour, un quartier populaire du Bardo, en leur demandant de perpétrer, munis de bâtons, des actes de violence devant le Parlement les lundi 26 et mardi 27 juillet », a précisé la source autorisée à la TAP.
Kaïs Saïed, avait annoncé, dans la soirée du dimanche, au cours d’une réunion d’urgence avec de hauts responsables militaires et sécuritaires, le limogeage du Chef du gouvernement Hichem Mechichi, le gel des pouvoirs du Parlement pour une durée de 30 jours, ainsi que la levée de l’immunité parlementaire de tous les députés.
Il a également fait savoir qu'il assumera le pouvoir exécutif, avec l’aide d'un gouvernement qui sera dirigé par un nouveau chef désigné par lui. Le locataire de Carthage a en outre annoncé qu’il présidera le ministère public.
Le chef de l'État a déclaré avoir pris ces décisions pour « sauver la Tunisie, l'Etat et le peuple tunisien » et que les mesures d’exception qui en découlent, sont temporaires. Certains partis politiques ont considéré lesdites mesures comme un « coup d’Etat contre la Constitution », tandis que d'autres y ont été favorables, estimant qu'il s'agissait d'une « rectification du processus révolutionnaire ».