Meher Hajbi
30 Juillet 2020•Mise à jour: 31 Juillet 2020
AA - Tunis
Le leader du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, a fait part de ses remerciements après avoir obtenu le vote de confiance des députés tunisiens en rejetant la motion de censure déposée à son encontre.
“Merci pour votre confiance, la Tunisie, la révolution et la légitimité triomphent”, a-t-il ainsi posté sur le réseau social Twitter, assurant également que “la Tunisie a un avenir tant qu'elle tient à la liberté”.
Jeudi, les députés ont rejeté la motion de censure déposée par quatre blocs parlementaires et ainsi accordé leur confiance à Rached Ghannouchi à la tête du Parlement, lors d’une session plénière sans débat dédiée à ce vote.
Alors que la plénière a été tenue avec la participation de 133 élus, la motion de retrait de confiance a obtenu 97 voix pour, 16 voix contre et 18 votes annulés, outre deux votes blancs. Ainsi, faute de majorité absolue (109 voix) Ghannouchi demeura en fonction pour le reste de la législature (2020 - 2024).
Prévue à partir de 9h heure locale (UTC+1), l’opération de vote n’a été entamée qu’à partir de 10h35 après que la session ait été levée en raison de l’échange d’hostilités entre les députés sur la méthode de distribution des bulletins de vote et le recours ou non à l’isoloir.
Ces événements surviennent sur fond d'échange d’accusations entre le chef du bloc parlementaire d’Ennahdha, Noureddine Bhiri, et la présidente du Parti Destourien Libre (PDL), Abir Moussi.
Pour Bhiri, “des pressions et de l’argent sale ont été déployés par les Emirats arabes unis pour inciter les députés à adopter la motion de retrait de confiance”.
De son côté, Moussi a accusé Ennahdha de s’accaparer toutes les institutions de l’Etat. “Vous pensez que le mouvement peut rater l'occasion de nous condamner en cas de financement illégale en provenance de l'étranger ?”, s’est-elle, ainsi, interrogée.
En effet, le 16 juillet, quatre blocs (le bloc démocratique, Tahya Tounes, la Réforme et le bloc national) avaient annoncé, lors d'une conférence de presse, qu'une motion de retrait de confiance à Ghannouchi ait été déposée au bureau du Parlement, après avoir rassemblé le nombre requis de signatures (73 signatures).
Les quatre blocs avaient expliqué cette mesure comme étant "due aux décisions unilatérales prises par Rached Ghannouchi sans consulter le bureau du Parlement (sa plus haute instance), ainsi qu'à ces déclarations relatives aux relations étrangères de la Tunisie qui vont à l’encontre de l'orientation de la diplomatie tunisienne".
Pour sa part, le président du Parlement s’est auparavant dit convaincu que “ce sera un renouvellement de confiance à mon égard en tant que président du Parlement et je serai à nouveau reconduit dans mes fonctions”.
"Je ne suis pas arrivé sur un tank à la présidence du Parlement, mais après des élections, et je ne suis pas gêné par (une motion) de retrait de confiance, c'est pourquoi nous avons accepté ce renouvellement de la confiance", avait-il assuré dans un communiqué de presse.