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04 Novembre 2021•Mise à jour: 05 Novembre 2021
AA/Tunis
Le président tunisien, Kaïs Saïed, a annoncé, jeudi, qu’il projetait de raccourcir la durée des mesures d’exception décrétées le 25 juillet dernier et toujours en vigueur dans le pays, sans fixer de délai à cet effet.
C’est ce qui ressort d’un communiqué rendu public par la Présidence de la République Tunisienne, à l'issue d'une réunion du Conseil des ministres tenue au Palais de Carthage dans la capitale Tunis.
« La durée des mesures d’exception sera raccourcie (sans communiquer de délai à cet effet) et nous procéderons à l’examen du texte relatif au dialogue qui sera organisé de manière innovante avec les Tunisiens à l’intérieur du pays et à l’étranger », a déclaré le chef de l’Etat.
Le locataire de Carthage a expliqué que les mesures d’exception ont été prises pour sauver l'État et le peuple », soulignant que la démocratie « doit être effective et qu’elle ne se résume pas à un simulacre de liberté ».
« La Tunisie est entrée dans une nouvelle phase de son histoire, différente des phases précédentes, qui nécessite de concevoir de nouvelles perceptions et de nouveaux outils pour assurer la gestion des affaires publiques, en dehors des cadres et concepts classiques », a-t-il soutenu.
Saïed a exprimé sa confiance « en la capacité de la Tunisie à surmonter la crise qu'elle traverse et à trouver les équilibres financiers nécessaires grâce au travail acharné et à l'implication des Tunisiens à l'intérieur et à l'extérieur du pays », souligne le communiqué.
La Tunisie est en proie à une grave crise politique depuis que Kaïs Saïed avait décidé le 25 juillet de révoquer le Chef du gouvernement Hichem Mechichi, geler les pouvoirs du Parlement pour une durée de 30 jours, et de lever l’immunité des députés, dans le cadre de mesures d’exception. Le chef de l’Etat avait annoncé également qu’il s’arrogeait le pouvoir exécutif avec l’aide d’un gouvernement dont il désignera le chef.
Le locataire de Carthage avait décidé le 22 septembre de supprimer l'instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des projets de loi, et de légiférer par décrets présidentiels.
La majorité des partis a rejeté les décisions de Saïed, prorogées sine die en date du 24 août écoulé. Certains partis ont qualifié ces décisions de « coup d’Etat contre la Constitution », tandis que d’autres formations politiques y ont été favorables, estimant qu’il s’agit d’une « restauration du processus révolutionnaire », sur fond de crises politiques, économiques, et sanitaires (Covid-19).
Le processus de transition démocratique en Tunisie a été amorcé après qu'une révolution populaire a renversé en 2011 le régime du président de l'époque, Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011).
*Traduit de l'arabe par Majdi Ismail