Nadia Chahed
09 Août 2017•Mise à jour: 09 Août 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
La police congolaise a présenté, mercredi, à Kinshasa 31 coupables présumés des violences qui ont fait 14 morts (dont 12 assaillants et deux officiers congolais) lundi à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), a rapporté le correspondant d'Anadolu.
Pieds nus et coiffés de bandeaux rouges, les 31 suspects relevant du mouvement politico-religieux Bundu Dia Kongo (BDK) ont été présentés avec leurs fétiches, bâtons, machettes et autres armes blanches dont ils ont fait usage lors des violences de lundi, tuant deux officiers de police et blessant trois autres.
Adeptes du député Zacharie Badiengila dit Ne Muanda Nsemi qui a récemment prévenu qu’il sera "intraitable à partir du 7 août" et menacé de chasser du pouvoir le président Joseph Kabila, ces "terroristes" visaient selon la police à renverser les institutions et proclamer la prise de pouvoir.
"A la lumière de l'enquête préliminaires, il ressort que les assaillants progressaient sur trois axes dans la perspective de prendre le contrôle du centre d’émission, […] d’investir l’aéroport international de Ndjili […] et d'attaquer le siège de la Radio télévision nationale congolaise (RTNC) pour faire une déclaration de prise du pouvoir " a-déclaré, mercredi, le porte-parole de la police nationale congolaise (PNC), le colonel Pierrot Mwanamputu.
Dans la province du Kongo-central (Sud-ouest), fief du mouvement Bundu dia Kongo, des violences ont également eu lieu, lundi, se soldant par la mort de quatre assaillants d'un militaire congolais, a ajouté porte-parole de la police.
Député élu de Kinshasa, Ne Mwanda Nsemi traqué par la justice congolaise pour "xénophobie et outrage au président Kabila" s’est évadé de la prison de Makala (Kinshasa) au cours d’une attaque contre cette maison de détention le 17 Mai dernier.
Son mouvement, Bundu Dia Kongo, prône la restauration du royaume Kongo, qui a connu son apogée vers le XVIe siècle et dont la superficie s'étendait de l'océan Atlantique jusqu'à l'ouest de la rivière Kwango à l'est, et du fleuve Congo jusqu'à la rivière Loje au sud.
En 2008, Après avoir mené plusieurs attaques contre les agents et symboles de l’Etat, et appelé la population locale à chasser de la province les "non-originaires", le mouvement politico-religieux avait été visée par une violente opération de l’armée.