AA / Gaza / Alaa Atallah
Les entrepreneurs et les habitants des maisons détruites dans la Bande de Gaza sont "consternés" face à la Stratégie des Nations Unies pour la reconstruction de l’enclave qui, selon eux, mettra vingt ans à être reconstruite après la dernière offensive militaire israélienne.
L'envoyé spécial des Nations Unies pour le Moyen-Orient, Robert Serry, avait annoncé le 16 septembre, que l'ONU a été le médiateur pour un accord entre Israël et l'Autorité palestinienne pour l’introduction de matériaux de construction dans la Bande de Gaza.
Cet accord prévoit une mesure de contrôle pour garantir que les matériaux ne soient pas destinés à d’autres usages que ceux de la reconstruction (notamment la construction de tunnels par certaines factions de la résistance).
Selon des sources israéliennes et occidentales, Serry tente de mobiliser 250 à 500 observateurs internationaux des Nations Unies pour la Bande de Gaza afin d'empêcher que les matériaux ne tombent aux mains de Hamas.
Le directeur des relations publiques à la Chambre de commerce de Gaza, Maher al-Tabaa, a affirmé que la stratégie de l’ONU ne fait que «maquiller» le blocus imposé par Israël contre l’enclave depuis plus de sept ans.
«Imposer une étroite et sévère surveillance sur l’introduction des matériaux de construction, dresser une base de données, qui sera contrôlée par Israël, de tous les projets en cours et des responsables qui en ont la charge, et soumettre chaque fournisseur à une autorisation, rappelle le système des «coupons» et retardera considérablement la reconstruction», a expliqué Al-Tabaa.
Selon al-Tabaa, la recontruction de Gaza pourrait se faire en cinq ans , si on y introduit au cours d’une seule journée, 400 camions de matériaux de construction, sans aucun contrôle ni restriction.
Le Président de l’Union des Entrepreneurs à Gaza, Nabil Abou Maaliq, s’accorde avec al-Tabaa pour dire que la stratégie de l'ONU s'apparente à une «gestion du blocus», affirmant que les hommes d’affaires, entrepreneurs Palestiniens et les sociétés du secteur privé la refusent.
Il a précisé qu’avec cette stratégies, la reconstruction prendra 20 ans au lieu des cinq prévus, et qu’elle transformera «la Bande de Gaza en une zone qui dépend des secours urgents» loin des «stratégies de développement généralisées et la reconstruction de toute l’infrastructure».
L’entrepreneur Palestinien, Ghassen Rebhi, a de son côté déploré : «Nous sommes devant une catastrophe au sens propre. Gaza a besoin d’une libre circulation des matériaux de reconstruction, non seulement pour reconstruire les maisons mais également pour créer des emplois pour les milliers d’ouvriers au chômage.»
Le comité populaire contre le siège (non gouvernemental) a affirmé dans un communiqué publié dernièrement que le siège imposé à Gaza ainsi que la récente guerre israélienne contre l’enclave ont généré une situation catastrophique qui a touché tous les aspects de la vie et augmenté le taux de pauvreté à 90% pour un revenu journalier de moins de deux dollars par personne.