AA/Dakar/Babacar Dione
Les présidents guinéen Alpha Condé et sénégalais Macky Sall, ont décidé de renforcer leur coopération afin de combattre le terrorisme en Afrique de l'Ouest où plusieurs menaces pèsent, notamment au Mali voisin, théâtre d'attaques récurrentes, dont la dernière a fait, selon Bamako,12 morts samedi.
« Nous allons intensifier notre coopération en matière de surveillance des frontières et de lutte contre le terrorisme », a déclaré à la presse vendredi Alpha Condé en visite officielle de trois jours -entamée jeudi- dans la capitale sénégalaise.
S’exprimant à l’issue d’une séance de travail avec le chef de l’Etat sénégalais, le président guinéen a rappelé que les deux pays ont une frontière commune avec le Mali et que ce pays fait face à une montée de la violence, notamment avec la présence de « djihadistes » dans le nord du pays.
Une surveillance des frontières s’impose donc pour mieux combattre le terrorisme, se sont accordés à dire les deux présidents.
Le Président Macky Sall a par ailleurs élevé son homologue guinéen à la dignité de Grand-Croix de l’Ordre national du Lion, la plus haute distinction nationale.
Une preuve, selon les observateurs politiques, que les deux chefs d’Etat sont dans une logique de renforcement des relations bilatérales. Celles-ci avaient été principalement écornées l’an passé lors de l’épidémie d’Ebola avec, notamment la décision du Sénégal de fermer ses frontières avec la Guinée.
Le président Condé avait dénoncé la démarche des autorités sénégalaises, malgré l’ouverture d’un corridor humanitaire pour transporter les équipes médicales.
« Vous êtes chez vous, en terre familière. Nous vous recevons en voisin, ami et parent. Entre guinéen et sénégalais, nous sommes unis par une histoire, un vécu quotidien et un brassage socio-culturel qui font corps avec notre destin commun», a lancé Macky Sall à son hôte, en signe de réconciliation.
Le Mali voisin est en proie à la violence depuis 2012 alors qu'une rébellion touareg a permis aux militants d'Aqmi (Al Qaïda au Maghreb), notamment, de faire main basse sur la moitié nord du pays.
Au début de 2013, la France avait envoyé des troupes dans le pays- avec l'aide de forces africaines - afin de déloger les groupes armés des principales villes du nord du Mali.
Néanmoins, les derniers mois ont vu la multiplication d'attaques contre les Casques bleus des Nations Unies et du personnel de l'armée malienne. D'ailleurs, dans la nuit de vendredi à samedi, une prise d'otages dans un hôtel du centre du Mali (Sévaré, où résidait principalement des expatriés) a fait 12 morts (dont 5 militaires maliens) , selon le gouvernement malien.