AA/Moroni(Comores)/ Abouhariat Said Abdallah
Aux Comores le mois de Ramadan s’annonce difficile : les fonctionnaires de l’Etat accusent deux mois d’arriérés de salaires et la société nationale d’électricité ne peut éclairer les populations que deux jours sur trois.
La flambée des prix des denrées alimentaires, des produits locaux et ceux de première nécessité a toujours été au rendez-vous au mois de Ramadan. Les délestages, le manque de produits pétroliers, tout comme la pénurie de certaines denrées de première nécessité n’en sont pas du reste.
Nassila Ben Ali, est troublée par l'arrivée du mois de ramadan surtout que jusqu’alors, le gouvernement accuse un retard sur le paiement des salaires. "C’est très difficile d'aborder le mois sacré de ramadan sans avoir les moyens pourvoir le stock pour ma femme, je ne peux pas mendier pendant que je travaille, je ne sais plus où mettre de la tête "s’inquiète ce nouveau marié qui comme tous les 13000 fonctionnaires de l’Etat comorien n’a pas touché son salaire depuis deux mois pour des raisons de budget
Hausse des prix:
Au retard dans le versement des salaires vient s’ajouter une flambée des prix .Selon le président de la fédération comorienne des consommateurs ( FCC) Mohamed Said Abdallah Mchangama, "les commerçants justifient la hausse arbitraire des prix par le simple fait que les produits se font rares. Il s’agit plutôt d’une pénurie organisée parce que très rentable, sinon, comment expliquer le fait que chaque année des produits comme le sucre, la farine, l’huile, le poisson, le poulet…viennent à manquer au moment où la population en a le plus besoin en l’occurrence pendant le mois de ramadan" s’interroge-t-il.
La fédération comorienne des consommateurs entend doubler d'efforts et se battre pour faire baisser le prix de certains produits de base actuellement inaccessibles comme le poisson. " Il faut cependant comprendre que la tâche est ardue, on ne peut pas changer des pratiques en un clic, la vigilance restera de mise jusqu’au jour où nous pourrons dire que nous avons un Etat de droit", espère-t-il
Ce ne sont cependant pas les denrées alimentaires qui sont seuls à manquer. Le pétrole se fait aussi rare dans les stations-services. L’on se demande "s’il s’agit d’une vraie pénurie de pétrole ou le fruit d’un mouvement de panique à l’approche du ramadan?, s’intéroge Abdou Mohamed « ce qui est sûr, c’est que je ne mangerai pas ce soir car ma famille n'a pas trouvé de pétrole pour préparer le repas", se désole-t-il
Ramadan dans le noir:
Mais le principal souci des Comoriens pendant le Ramadan reste l’électricité. La société comorienne de l’eau et de l’électricité (Ma-Mwe) a du mal à assurer la marche du réseau pour éclairer la population et ce depuis plusieurs mois déjà. Selon le chef du département Communication de Ma-Mwe Fayssoile Moussa, " si le Gouvernement ne trouve pas une solution d’urgence, nous ne pourrions pas assurer un Ramadan bien éclairé". En tous cas la société pense pouvoir approvisionner la population en électricité, deux jours sur trois uniquement durant le mois sacré. « Si le gouvernement subventionne la Ma-Mwe durant le mois de Ramadan, la société réussirait à fournir l’électricité autrement, pour le moment les gens doivent continuer à rêver dans le noir »