AA- Bangui - Krock Sylvestre -
Une commission des Nations-Unies déployée en Centrafrique pour enquêter sur les violations des droits de l'homme perpétrées dans le pays, achève jeudi son travail à Bangui avant de se rendre dans l'arrière-pays.
La commission d'enquête des Nations-Unies se trouve actuellement à Bangui afin de recueillir le maximum d'informations sur les violations massives des droits de l'homme qui ont entrainé une tragédie sécuritaire sans précédent en Centrafrique. A terme, il s'agit pour l'ONU de mettre fin à l'impunité dans ce pays.
Dans une déclaration à Anadolu, le président du Groupe de travail de la société civile centrafricaine, M. Gervais Lakosso a indiqué que "le Groupe de travail de la société civile accueille avec joie cette nouvelle, parce qu'enfin, c'est le début d'une justice qui va être faite pour les Centrafricains qui ont innocemment souffert".
"On aurait dû le faire depuis bien longtemps, cela n'a pas été fait mais mieux vaut tard que jamais, nous pensons qu'ils doivent faire leur travail vite et bien pour que les responsables de ces exactions soient punis. Les enquêtes qui sont dirigées par l'ancien Procureur de la Cour Pénal international vont sûrement atterrir sur la table de la Cour pénale internationale qui lancera des arrestations contre les responsables qui seront identifiés. Ils doivent être arrêtés et emmenés devant la Cour pénale internationale, afin qu'ils répondent de leurs actes qui sont pour la plupart des crimes de guerre et de crimes contre l'humanité."
Les responsables de la commission onusienne n'ont pas pour leur part faits des déclarations à la presse jusqu'à jeudi matin.
Depuis le renversement de François Bozizé, ancien président centrafricain, en mars 2013 par la coalition rebelle Séléka de Michel Djotodia, de nombreux crimes ont été commis contre la population centrafricaine.
Durant des mois, les rebelles Séléka (à majorité musulmane) ont ainsi commis meurtres, vols, incendies d'habitations à Bangui et également en province.
Mais à partir de l'été 2013, la constitution de milice d'auto-défense chrétienne appelée anti-Balakas, a donné à ces crimes une nouvelle dimension plus grave, ponctuée de représailles et contre-représailles dont les principales victimes ont été les populations civiles.
Depuis le mois de décembre 2013, les anti-Balakas ont massacré en masse les civils musulmans, sans distinction, contraignant ainsi ces derniers à l'exode. Une situation qu'Amnesty International a qualifié de « nettoyage ethnique ».
Les violences interconfessionnelles ont fait des milliers de morts et des millions de déplacés.
La commission d'enquête des Nations-Unies a été déployée et rencontrera quinze jours durant, les autorités nationales, les organisations de la société civile, les autorités militaires de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique et celles de l'opération Sangaris. Des visites sur des sites des déplacés internes sont prévues. Après trois jours de travail à Bangui, la mission se rendra ensuite dans l'arrière-pays.
Elle est conduite par le camerounais Bernard Acho Muna, juge à la Cour suprême du Cameroun, ancien Procureur en chef adjoint du tribunal pénal international pour le Rwanda. Outre le président, deux autres enquêteurs onusiens ont pris part à la mission, à savoir Mme Fatima M'Baye Présidente de la Commission mauritanienne pour les droits de la femme et Vice-présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme et M. Jorge Castaneda ancien ministre des affaires étrangères du Mexique.