Ekip
14 Décembre 2021•Mise à jour: 15 Décembre 2021
AA / Nice / Feïza Ben Mohamed
La mosquée de Beauvais (Nord) va faire l’objet d’une procédure de fermeture administrative, enclenchée par les services de l’Etat, a annoncé mardi le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin au cours d’une interview télévisée.
Le locataire de Beauvau accuse le lieu de culte de « combattre les chrétiens, les homosexuels, les juifs », d’inciter « à la haine » ou encore « de faire l’apologie du Jihad ».
« Dans le cadre de la procédure contradictoire, un courrier a été transmis en fin de semaine dernière notifiant la décision envisagée, nous sommes actuellement dans le délai de dix jours accordé pour toutes observations », a, de son côté, fait savoir la préfecture de l’Oise, citée par "l’Obs".
Selon Gérald Darmanin, 99 mosquées ont été soupçonnées de « séparatisme » ces dernières semaines et ont toutes fait l’objet de contrôles.
L’avocat de l’association qui gère la mosquée de Beauvais, Maître Samim Bolaky a, quant à lui, expliqué dans les colonnes du Figaro, que « l’imam ne fait que donner le point de vue de la religion à une question qui lui était posée. Cette question était : l'homosexualité est-elle permise dans la religion ? ».
« L'imam soutient que les propos en question se rapportent à des faits relatés datant de plus de 1400 ans, notamment sur les deux premières guerres principales dans l'histoire de l'islam, d'où un champ lexical particulier. Il n'a sans doute pas eu la délicatesse de parler au passé », poursuit le conseil qui pourrait contester cette décision devant le tribunal administratif.
À l’antenne de CNews, Gérald Darmanin a, par ailleurs, fait savoir que 37 attentats ont été déjoués depuis 2017, et que le budget de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) avait été doublé sur la même période, avec notamment 1 900 emplois créés.
À noter que le gouvernement français se livre à une véritable offensive visant les associations et lieux de culte musulmans par le biais de fermetures administratives ou de dissolutions.
Ces procédures ont été simplifiées depuis l’adoption de la loi contre le séparatisme, très contestées dans les rangs militants qui y voient une volonté de démanteler le tissu associatif musulman.