Ekip
18 Mai 2018•Mise à jour: 20 Mai 2018
AA - Simferopol/Crimée
La déportation inhumaine des Tatars de Crimée (population d’origine turque) sur décision de l’ancien chef du gouvernement de l'Union soviétique, Joseph Staline, est restée à jamais gravée dans les mémoires.
Les déportations, qui ont débuté suite aux politiques de Catherine II (Impératrice de toutes les Russies au 18 ème siècle) destinées à détruire les Tatars de Crimée, ont redoublé à l’ère de l'Union soviétique.
La Russie, quant à elle, a maintenu ces politiques de différentes manières.
L’Anatolie est devenue la première terre d’accueil des Tatars exilés, dont l’interminable souffrance a commencé suite à la fin de la souveraineté ottomane en Crimée.
A cause de la répression du tsar russe, de nombreux Tatars de Crimée se sont réfugiés au sein de l'Empire ottoman (1774).
Après la seconde guerre mondiale, la Russie soviétique, qui avait perdu la péninsule de Crimée, a repris cette dernière des mains de l'Allemagne nazie et a exercé une pression sur les Tatars de Crimée.
De nouveau, les Tatars ont été exilés sous prétexte de coopération avec l’Allemagne nazie.
Par un décret, adopté secrètement, le chef de l'Union soviétique, Joseph Staline, a exhorté la déportation des Tatars de Crimée dans les différentes régions d'Asie centrale.
La décision de Staline a été mise en vigueur le 18 mai 1944 à minuit.
Quinze minutes après l’entrée en vigueur du décret, les Tatars ont été arrachés à leurs foyers et placés de force dans des wagons destinés au transfert des animaux.
De la sorte, personnes âgées, femmes et enfants soit environ 250 mille Tatars de Crimée, ont été condamnés à l’exil et déportés vers l’Asie centrale en l’espace de trois jours.
La moitié des déportés sont morts dans d’atroces conditions à l’intérieur des wagons avant même d’atteindre leur destination.
La Crimée, qui a été offerte à la République socialiste soviétique d'Ukraine après Staline, est passée sous contrôle de la Russie suite à l’annexion illégale de la péninsule en 2014.
Moustapha Abdelmadjil Kirimoglu, leader des Tatars de Crimée et d’autres personnalités éminentes, qui luttent au nom de leurs terres, ont aussi été bannis de leur patrie.
La Russie a interdit à de nombreuses personnalités d’entrer en Crimée, dont Kirimoglu en premier lieu.
La Russie a également mis un terme aux activités de l’Assemblée nationale des Tatars de Crimée, représentation de la volonté des Tatars, au motif qu’il s’agissait d’une « organisation extrémiste ».
Après l'annexion illégale de la péninsule russe, de nombreux Tatars de Crimée ont été contraints de quitter le pays.
Pourtant cette population n’a pas oublié les souffrances infligées en 1944 malgré les 74 années qui se sont écoulées.
Aujourd’hui, animés par la volonté de retourner dans leur pays, ils luttent, dans le cadre du droit international, pour reprendre leurs terres illégalement arrachées.