Hatem Kattou
30 Mai 2017•Mise à jour: 31 Mai 2017
AA / Beyrouth / Rabii Damj
«Il est interdit de mourir de faim», c’est le slogan du restaurant caritatif «Le bonheur céleste » qui a ouvert ses portes voilà deux ans et est devenu une chaine de restaurants au Liban.
Les clients de ce restaurant sont les nécessiteux et ne sont pas tenus de régler l’addition en monnaie, mais par un simple «merci».
«Le bonheur du ciel », ouvert par le libanais, le père Majdi Alaoui, a, d’abord, servi quotidiennement, de 12h à 15h, 60 nécessiteux à Borj Hamoud (une banlieue populaire à l’Est de Beyrouth).
Ses clients sont aussi des refugiés syriens et irakiens. Les besoins de ce restaurant du cœur a été dictée par l’augmentation du nombre des pauvres et des refugiés au Liban, comme le précise la responsable de ces restaurants à Beyrouth, Carole Abou Saker, dans une interview accordée à l’agence Anadolu.
Et Abou Saker d’ajouter :‘’ Nous avons eu des débuts difficiles à cause de la faiblesse de nos moyens et on s’est contenté en premier lieu de donner des plats de fèves et de pois-chiches et du riz aux pauvres du quartier’’, septiques au début et, qui avec le temps, sont devenus des clients assidus.
‘’Ensuite de bouche à oreille, leur nombre n’a cessé de croitre d’où le besoin d’ouvrir à d’autres endroits ce qui a poussé des restaurateurs et des pâtissiers de Beyrouth de nous venir en aide en nous fournissant plats et douceurs pour les offrir à nos clients quelques soit leur religion, leur nationalité ou la couleur de leur peau’’, a-t-il poursuivi.
En 2 années d’activité, les responsables de ce projet caritatif, encouragés par cet élan de solidarité, ont pu ouvrir 7 autres restaurants dans tout le pays, le dernier étant celui de la ville de Byblos au Nord de Beyrouth.
Certes, dit Bou Saker, ‘’les restaurants sont pour les pauvres mais nous avons tenu à faire des restaurants d’un bon standing dans la décoration, les plats et les services’’.
Le restaurant de la région « Al Hadeth » livre meme à domicile ceux qui ne peuvent se déplacer, surtout les personnes âgées, si bien que les bénéficiaires des «restaurants du ciel» ne se contentent plus du « merci » à la caisse mais de louer et de remercier chaque fois que le nom de ces restaurants et de leur responsables est prononcé.
Itidal Mohana, une vieille refugiée syrienne, habituée du restaurant de Borj Hamoud, ne tarit pas d’éloges sur le restaurant et sur son personnel pour lui avoir assure sa nourriture hors de prix en ces temps difficiles et où la conjoncture n’est plus propice à la solidarité et à l’entraide.
Une autre refugiée irakienne, qui a préféré ne pas decliner son identité, attablée dans un autre coin du restaurant et qui est au Liban depuis un an, est du même avis que la syrienne et a déclaré à Anatolu : “ce restaurant m’a résolu un problème majeur de mon quotidien’’.
Au Liban, vivent quelques 480 mille réfugiés palestiniens inscrit à l’UNRWA en plus d’un million et demi de syriens et 21 milles réfugiés irakiens selon des statistiques de Nations Unies. En 2016, la Banque Mondiale a estimé que 40% des Libanais vivent sous le seuil de la pauvreté et que près de 170 milles autres viendront se joindre à eux.