Mariem Njeh
23 Septembre 2026•Mise à jour: 23 Septembre 2026
Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a signé mercredi un décret graciant plusieurs personnes condamnées, dont le ressortissant français Martin Ryan, détenu en Azerbaïdjan depuis décembre 2023, a annoncé le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères dans une déclaration de son porte-parole.
« La France accueille avec soulagement la décision de grâce accordée par le président azerbaïdjanais à notre compatriote Martin Ryan (…). Il s'agit d'un geste humanitaire que la France salue », a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay, ajoutant que cette décision est « le fruit d'un dialogue patient et exigeant avec les autorités azerbaïdjanaises », que Paris entend poursuivre, ajoutant que cette décision « marque une étape vers la normalisation » des relations entre les deux pays. Le Quai d'Orsay a également remercié « l'ensemble des équipes qui, à Paris comme à Bakou, ont travaillé sans relâche pour obtenir cette issue positive ».
Selon un communiqué de la présidence azerbaïdjanaise, cette grâce repose « sur les principes de l'humanisme » et tient compte « de la personnalité, de l'état de santé, de la situation familiale des condamnés, de la nature des infractions commises et de leur degré de dangerosité sociale, de la durée de la peine purgée et du comportement » des intéressés pendant celle-ci.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Paris et Bakou, alimentées ces dernières années par leurs divergences sur plusieurs dossiers, notamment la situation dans le Caucase du Sud et les relations de la France avec l’Arménie.
La Justice azerbaïdjanaise accuse Martin Ryan d’avoir mené des activités d’espionnage au profit des services de renseignement français. Selon l’accusation, le ressortissant français aurait notamment cherché à recueillir des informations concernant les forces armées de l’Azerbaïdjan, leurs équipements et les relations militaires entretenues par Bakou avec plusieurs pays. La justice azerbaïdjanaise l’a condamné à dix ans de prison pour espionnage.
Le dossier est ainsi devenu l’un des points de crispation des relations franco-azerbaïdjanaises, déjà marquées par les accusations récurrentes de Bakou contre la politique française dans le Caucase du Sud et par les critiques de Paris à l’égard des autorités azerbaïdjanaises.