Mohammed Maher Ben Romdhane
24 Octobre 2019•Mise à jour: 25 Octobre 2019
AA / Le Caire
Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, s’est entretenu avec le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, au sujet des négociations sur le barrage de la Renaissance, en marge des travaux du sommet russo-africain à Sotchi.
D’après Russia Today, la rencontre entre les deux hommes s’est caractérisée par une atmosphère « positive ».
Il s’agit de la première rencontre entre les deux responsables depuis les insinuations éthiopiennes au recours à l’alternative militaire pour protéger le barrage de la Renaissance. Les autorités égyptiennes ont, en réaction à cette position, exprimé leur stupéfaction en exprimant leur prédisposition à une médiation américaine.
Des médias éthiopiens ont affirmé, mardi, que le Premier ministre Abiy Ahmed a déclaré que « la guerre ne peut être une solution à la crise ». « Aucune force ne pourra empêcher l’Ethiopie de construire ce barrage, nous rassemblerons un million d’éthiopiens si la situation le nécessite », a-t-il, néanmoins, ajouté.
Des propos, synonymes de « signaux négatifs et d’insinuations inacceptables et inappropriées au traitement du dossier du barrage de la Renaissance », selon la diplomatie égyptienne.
L’Egypte a également révélé qu’elle a été invitée par l’administration américaine à une réunion des ministres des Affaires étrangères, égyptien, éthiopien et soudanais à Washington en affirmant qu’elle y répondra favorablement. La date de la tenue de cette réunion n’a pas été indiquée.
Le Caire a récemment appelé à la mise en place d’une médiation internationale pour débloquer la situation avec l’Ethiopie qui rejette toute médiation dans ce dossier.
D’après le ministre éthiopien de l’Eau, de l’Irrigation et de l’Electricité, Selechi Bekele, Addis-Abeba a toujours démenti l’existence d’un blocage dans les négociations avec l’Egypte. «Les revendications du Caire sont invraisemblables », a-t-il affirmé.
« La nouvelle proposition égyptienne concernant le barrage de la Renaissance constitue un « point de divergence entre les deux pays », a déclaré le ministère, selon l’agence de presse éthiopienne (officiel).
Le Caire s’inquiète de l’impact négatif de la construction de ce barrage sur son quota annuel des eaux du Nil, se situant actuellement aux alentours de 55 milliards de m3 contre 18,5 milliards de m3 pour le Soudan.