Fatma Bendhaou
24 Février 2022•Mise à jour: 24 Février 2022
AA / Montréal / Hatem Kattou
Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a révoqué, mercredi, la loi sur les mesures d’urgence, à laquelle il a eu recours le lundi 14 février, pour déloger les camionneurs et manifestants antivaccin qui bloquaient la capitale Ottawa et plusieurs autres endroits dans le pays.
C’est ce qui ressort d’une déclaration faite, mercredi en fin d’après-midi, à Ottawa, par Justin Trudeau qui animait une conférence de presse, en présence de plusieurs de ses ministres, dont la vice-première ministre et ministre des Finances, Chrystia Freeland, le ministre de la Justice, David Lametti et de la Sécurité publique, Marco Mendicino.
Trudeau a justifié la révocation de la loi instituée en 1988 et utilisée pour la première fois par un gouvernement canadien par le rétablissement de l’ordre.
« L’ordre est rétabli », a-t-il lancé, faisant référence aux camionneurs et manifestants délogés du centre-ville de la capitale fédérale Ottawa et de plusieurs postes frontaliers avec les Etats-Unis d’Amérique.
Il s’agit, notamment, du pont d’Ambassaodr reliant les villes canadienne de Windsor dans l’Ontario et américaine de Detroit dans le Michigan, un point de passage névralgique pour les échanges commerciaux entre les deux géants nord-américains.
Le gouvernement fédéral a décidé, a-t-il dit, de mettre fin au recours à la loi sur les mesures d’urgence « car la situation n’est plus une urgence », ajoutant que le gouvernement « continuera d'être là pour soutenir les autorités provinciales et locales ».
Justifiant le recours à cette loi, Trudeau a souligné que « c'était la chose responsable et nécessaire à faire », indiquant que le « recours à la loi avait été proportionnel, responsable et limité dans le temps ».
A la suite de cette annonce faite par Trudeau, la révocation de la loi a été officialisée plus tard dans la journée par la Gouverneure générale, Mary Simon.
Votée en 1988 pour remplacer l’ancienne loi sur les mesures de guerre, c’est la première fois qu’un gouvernement canadien a recours à cette législation.
Il convient de noter que la loi antérieure avait été appliquée à trois reprises seulement, lors des deux Guerres mondiales et durant la crise d’octobre 1970 au Québec.