Dildar Baykan,Ayvaz Çolakoğlu
05 Janvier 2019•Mise à jour: 05 Janvier 2019
AA - New York - Ayvaz Colakoglu
Pour le Washington Post, le retrait par Netflix, de sa plate-forme saoudienne, d'une émission satirique critiquant le prince héritier Mohammed Ben Salman, en raison de la guerre au Yémen et de l'assassinat du journaliste Jamal Kashoggi, ne représente pas seulement un problème pour Netflix mais également pour l'ensemble des organismes de presse internationaux.
Dans un article daté de jeudi, la journaliste du Washington Post, Alyssa Rosenberg, a critiqué le retrait par le groupe américain Netflix, à la demande de l'Arabie Saoudite, d'un épisode du programme "Patriot Act" de Hasan Minhaj, de sa plate-forme saoudienne.
Après avoir rappelé la pluie de critiques essuyées par Netflix à la suite des révélations sur cette affaire, Alyssa Rosenberg a écrit :
"La censure appliquée par l'Arabie Saoudite à Minhaj est abominable, mais ce genre d'obstacles n'est pas seulement le problème d'une seule entreprise. Ce genre d'actions posera des difficultés à n'importe quel organisme de presse international."
Elle a notamment relevé que Netflix avait fait l'objet de demandes de retraits auparavant, mais qu'à chaque fois, la demande était basée sur des faits concrets.
"Pour Netflix, ce n'est pas la même chose de lutter contre le gouvernement d'un Etat qui dispose d'une justice indépendante dans un système démocratique, et un pays comme l'Arabie Saoudite, où le groupe américain encourt le risque d'une fermeture de tous ses services", a-t-elle expliqué.
Elle a rappelé que de nombreuses activistes en faveur du droit des femmes à conduire avaient été enfermées, l'année dernière, par le prince héritier, qui dans le même temps a accordé ce droit aux femmes saoudiennes.
"S'agit-il vraiment d'une avancée, lorsqu'un autocrate vous accorde un morceau de liberté, qu'il peut vous reprendre à tout moment, que cette action lui permet de renforcer sa position tout en continuant à maltraiter les personnes qui luttent pour la liberté?", a-t-elle interrogé.
"La seule chose qu'il modernise, c'est sa dictature", a-t-elle lancé, visant le prince héritier Mohammed Ben Salman, qualifié de réformiste dans de nombreux pays.
Les explications apportées par Netflix, qui dans un communiqué avait déclaré, "Nous appuyons fortement la liberté artistique à travers le monde et avons seulement retiré cet épisode en Arabie saoudite après avoir reçu une requête légale valide et pour nous conformer à la législation locale" avaient attiré de nombreuses critiques.