Feiza Ben Mohamed
28 Mai 2024•Mise à jour: 28 Mai 2024
AA / Nice / Feïza Ben Mohamed
Le Premier ministre français Gabriel Attal, a reconnu, mardi face à l’Assemblée Nationale, que « la situation est dramatique à Rafah ».
« C’est un drame humanitaire qui se déroule sous nos yeux », a-t-il déploré, soulignant que « la position de la France a été claire depuis le début ».
Selon le chef du gouvernement « la France a été l’un des premiers pays, par la voix du président de la République, à appeler à un cessez-le-feu, à prendre des initiatives notamment au Conseil de sécurité des Nations Unies, et à contribuer à l’adoption de résolutions appelant à un cessez-le-feu ».
Et de poursuivre : « La France est le premier pays à avoir largué de l’aide humanitaire sur la bande de Gaza pour venir en aide aux Palestiniens ».
Au cours de sa prise de parole, Gabriel Attal a, par ailleurs, insisté sur « la libération des otages qui sont encore retenus par le Hamas », rappelant à cet effet que deux Français en font encore partie.
Alors qu’il était interrogé par la députée écologiste Cyrielle Chatelain, sur la reconnaissance d’un État Palestinien, le chef du gouvernement n’a pas répondu.
Pour rappel, des dizaines de Palestiniens, pour la plupart des enfants et des femmes, ont été tués et blessés, dimanche soir, dans un bombardement israélien visant les tentes de personnes déplacées dans la région de Tal al-Sultan, au nord-ouest de Rafah, dans le sud de la Bande de Gaza.
Le bombardement, mené sans préavis et sans demander l'évacuation des personnes déplacées, a visé une zone supposément sûre.
Il est intervenu deux jours après que la Cour internationale de Justice (CIJ) a émis un ordre d'arrêter immédiatement l'attaque terrestre israélienne sur Rafah.
Depuis le 6 mai, Israël a entamé une offensive terrestre contre Rafah s’emparant du côté palestinien du point de passage terrestre séparant Rafah de l'Égypte. L’opération israélienne a causé la fermeture du poste-frontière interdisant le passage des blessés pour recevoir des soins et l'entrée de l'aide humanitaire qui est déjà bien rare.
L'attaque israélienne a contraint au moins 810 000 Palestiniens à fuir Rafah, qui accueille environ 1,5 million de personnes, dont environ 1,4 million de déplacés qui avaient été contraints de quitter d'autres régions de la Bande de Gaza.
S’agissant de l'offensive israélienne à Rafah et suite à l'ordre émis par la CIJ, la diplomatie française avait exprimé son engagement, le 20 mai courant dans un communiqué, en faveur de « la recherche d’une solution politique durable dans la région, la seule qui permette de rétablir un horizon de paix et de mettre fin aux souffrances des Israéliens comme des Palestiniens ».