Feiza Ben Mohamed
25 Septembre 2024•Mise à jour: 26 Septembre 2024
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
La garde à vue du militant propalestinien Elias d’Imzalène, accusé « d’incitation au soulèvement armé » pour avoir évoqué « une intifada dans Paris », a été prolongée de 24 heures supplémentaires, a appris Anadolu de sources proches du dossier.
Depuis le début de sa garde à vue mardi matin, il a été auditionné à trois reprises dont deux fois pour la seule journée de mardi.
Selon les informations d’Anadolu, de nombreuses questions lui ont été posées, notamment concernant son appartenance religieuse et sur ses positions sur la situation à Gaza.
Au terme de ces auditions qui sont menées par la brigade de répression de la délinquance à la personne dans les locaux du commissariat du XVIIème arrondissement de Paris, le fondateur du média communautaire Islam&Infos pourrait ressortir libre, se voir notifier une convocation au tribunal, ou être déféré.
Dans les faits, il est accusé d'avoir appelé "au soulèvement armé" lors d'une manifestation qui s'est tenue le 8 septembre dernier à Paris et au cours de laquelle il avait pris la parole.
"Est-ce qu'on est prêt à mener l'intifada dans Paris ?" avait-il lancé à la foule avant d'évoquer "la libération de Jérusalem", et d'accuser Joe Biden et Emmanuel Macron d'être "complices du génocide".
Ses propos ont immédiatement fait l'objet d'un signalement au procureur, effectué par le ministre de l'Intérieur démissionnaire, Gérald Darmanin, en personne.
Dans sa saisine, le désormais ex-ministre estimait qu'Elias d'Imzalène s'est rendu coupable de "provocation à s’armer contre l’autorité de l’Etat ou contre une partie de la population, provocation aux atteintes volontaires à la vie et à l’intégrité des personnes, en l’occurrence ici les personnes de nationalité israélienne ou de confession juive, ainsi que les personnes dépositaires de l’autorité publique".
Pour rappel, de nombreux internautes, militants et figures médiatiques font l'objet de poursuites pénales en France pour leurs prises de positions en lien avec la guerre menée par Israël à Gaza.
Si les dossiers d’apologie du terrorisme ou d'incitation à la haine continuent de s’empiler sur les bureaux des procureurs, à Paris comme en province, la guerre dévastatrice contre le peuple palestinien se poursuit en dépit des mises en gardes internationales et des appels généralisés à un cessez-le-feu permanent qu’Israël refuse d’entendre.