Ümit Dönmez
21 Mai 2025•Mise à jour: 21 Mai 2025
AA / Paris / Ümit Dönmez
Emmanuel Macron a appelé à une mobilisation « irréversible » contre les violences scolaires. Le chef de l'État français présidé ce mercredi à l’Élysée la cérémonie de remise des prix « Non au harcèlement » 2025, félicitant les élèves lauréats et soulignant l’implication croissante de toute la communauté éducative dans la lutte contre le harcèlement scolaire et en ligne.
S'exprimant dans un discours lors de la cérémonie, le Président français a mis en avant une mobilisation qu’il qualifie de « collective et déterminée », insistant sur la nécessité d’aller « au bout de la mise en œuvre » des dispositifs déjà engagés.
« Tant qu’on aura des enfants (…) qui ne veulent plus aller à l’école parce qu’ils sont harcelés, (…) qui se mutilent, parfois en viennent au pire, le combat ne doit pas cesser », a-t-il déclaré, rendant hommage à plusieurs victimes connues comme Lucas, Marion ou Nicolas. Le président a réaffirmé l’importance de l’implication des élèves ambassadeurs, saluant leur rôle dans la prévention et la détection du harcèlement à l’école.
Le prix 2025, qui a rassemblé 180 000 participants issus de 5 000 établissements, a été marqué par deux nouveautés : le prix des écoliers et celui des élèves ambassadeurs. Le projet du Collège Terre-Sainte-Saint-Pierre (Académie de La Réunion) a été particulièrement distingué et sera utilisé dans les prochaines campagnes nationales de sensibilisation.
Le chef de l’État est également revenu sur les avancées législatives récentes : reconnaissance du harcèlement scolaire comme un délit depuis 2022, régulation de l’espace numérique et responsabilisation des plateformes. Il a rappelé que désormais, les réseaux sociaux peuvent être contraints de bannir des auteurs de cyberharcèlement, sous peine d’amendes importantes.
Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé plusieurs mesures à venir : généralisation des cours d’empathie, appui sur le théâtre au collège pour prévenir le harcèlement, lancement d’une plateforme dédiée aux parents par le CNED, systématisation de réunions parents-enseignants sur le sujet, et encadrement renforcé des enfants harceleurs.
En matière numérique, le président a annoncé son intention de pousser, à l’échelle française et européenne, une interdiction d’accès aux réseaux sociaux avant l’âge de 15 ans, s’appuyant sur les recommandations de la commission écrans et des études scientifiques sur les effets délétères de ces plateformes sur la santé mentale des adolescents.
« Tous ensemble, devenons meilleurs », a-t-il conclu, reprenant les mots d’élèves d’une école de Douai.
Cette édition 2025 du prix « Non au harcèlement » s’inscrit dans une politique de plus en plus structurée contre la violence scolaire, à la fois sur le terrain et dans le monde numérique.
Le discours présidentiel marque un changement de ton : celui d’un État qui ne se limite plus à la sensibilisation, mais assume une politique d’intervention et de régulation.