Ümit Dönmez
22 Avril 2024•Mise à jour: 23 Avril 2024
AA / Paris / Ümit Dönmez
Le Président français Emmanuel Macron a eu une conversation téléphonique avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu ce lundi 22 avril, a dévoilé l'Élysée. L'entretien a été dominé par les récents développements au Proche-Orient et les tensions accrues avec l'Iran.
Selon l'Élysée, le chef de l'État français a exprimé "sa solidarité envers Israël" à la suite de l'attaque iranienne du 13 au 14 avril, en réaction au bombardement meurtrier, attribuée à Israël, contre une emprise diplomatique iranienne en Syrie, quelques jours auparavant.
L'attaque iranienne sur Israël, ayant fait usage de plusieurs centaines de vecteurs aériens, a été repoussée, notamment avec l'aide des alliés d'Israël, notamment des États-Unis et de pays européens. Le chef d'État français a réitéré "l'engagement de la France envers la sécurité d'Israël".
Macron a également abordé les risques d'une escalade militaire dans la région et a souligné l'importance de la retenue pour éviter un embrasement plus large. "Le chef de l’État a rappelé que cette attaque inacceptable de l’Iran faisait peser le risque d’une escalade militaire générale et a souligné la nécessité d'éviter un embrasement de la région, en invitant toutes les parties à exercer la plus grande retenue".
Il a fait part de la volonté de la France "de travailler avec ses partenaires pour prévenir cette escalade" et a exprimé sa détermination "à renforcer les mesures pour contrer les actions déstabilisatrices de l'Iran." En particulier, il a mentionné les efforts français, en coordination avec les partenaires internationaux, "pour travailler en faveur de la désescalade le long de la Ligne bleue entre Israël et le Liban." Par ailleurs, Macron a exhorté toutes les parties à adhérer à "la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies". Cette résolution, datant de 2006, appelle à une cessation complète des hostilités entre Israël et le Hezbollah, groupe politique et militaire libanais.
Face à une "urgence humanitaire absolue à Gaza," où la situation civile était "depuis longtemps inacceptable", le Président français a appelé à "un cessez-le-feu immédiat et durable" et a réitéré son "opposition ferme à une offensive israélienne sur Rafah," avertissant que cela ne ferait qu'aggraver la situation déjà précaire à Gaza et augmenter le risque d'escalade. Il a insisté sur "l'urgence absolue de permettre une entrée massive d'aide humanitaire par tous les points d'accès à la bande de Gaza" et a souligné "l'importance de la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages".
Enfin, Macron a réitéré la nécessité de progresser vers une "solution à deux États" comme étant "le seul moyen de garantir une paix durable dans la région". Il a "fermement condamné l'intensification de la violence et des attaques par les colons en Cisjordanie" et a appelé les autorités israéliennes à mettre fin à ces actions. Il a noté que "l'expansion des colonies est une violation du droit international et entrave la perspective de paix basée sur la solution à deux États," et que cela doit cesser.
Pour rappel, la France a voté jeudi dernier en faveur du projet de résolution de l'Algérie, recommandant l’admission de l’État de Palestine comme État membre à part entière de l’Organisation des Nations unies (ONU), lors d'une session du conseil de sécurité des Nations unies.
Bien que la résolution algérienne ait recueilli 12 voix (sur 15) en sa faveur — dont celle de la France — les États-Unis, l'un des cinq membres permanents du conseil de sécurité des Nations unies, ont opposé leur véto au projet de résolution soumise par l'Algérie, empêchant ainsi la reconnaissance pleine et entière de l'État de Palestine. Deux pays, en l’occurrence la Suisse et le Royaume-Uni, se sont, quant à eux, abstenus.
Israël poursuit, depuis octobre 2023, ses bombardements indiscriminés sur la bande de Gaza, alors que l'attention internationale s'est récemment tournée sur le conflit entre Tel Aviv et Téhéran.
Depuis plus de six mois, Israël mène une guerre dévastatrice dans l'enclave palestinienne, qui a fait des dizaines de milliers de victimes civiles, pour la plupart des enfants et des femmes, en plus d'une catastrophe humanitaire sans précédent et d'une destruction massive des infrastructures.
En raison de la guerre et des restrictions israéliennes, la population gazaouie, particulièrement celle des districts de Gaza et du nord de l’enclave palestinienne, est au bord de la famine, tandis qu'une grave pénurie de nourriture, d'eau, de médicaments et de carburant frappe ce territoire à la suite du siège total imposé par Israël.
Le conflit a provoqué le déplacement d'environ deux millions de Palestiniens à l’intérieur de la bande de Gaza, soumise au blocus israélien depuis 17 ans.
Pour rappel, pour la première fois depuis sa fondation en 1948, l'État d'Israël est poursuivi pour crime de génocide devant la Cour internationale de Justice (CIJ), la plus haute instance judiciaire des Nations unies, pour son offensive meurtrière contre la bande de Gaza. Un arrêt rendu le 26 janvier par la CIJ a ordonné à Tel-Aviv de prévenir la réalisation d'actes susceptibles d'être considérés comme génocidaires et de prendre des mesures pour garantir l'acheminement de l'aide humanitaire aux civils de Gaza.