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16 Mars 2023•Mise à jour: 16 Mars 2023
AA/Paris/Feïza Ben Mohamed
L’intersyndicale exhorte les députés français à voter contre la réforme des retraites, dans une déclaration lue, jeudi à la mi-journée par François Hommeril, président confédéral de la CFE-CGC (Confédération française de l'encadrement - Confédération générale des cadres).
« L'intersyndicale vous demande avec force, au nom de l'immense mouvement social et populaire opposé au recul de l'âge légal de départ en retraite, de voter contre le projet de réforme », a-t-il déclaré au cours d’un point presse devant le Palais Bourbon.
Le secrétaire général de la CGT (confédération générale du travail), Philippe Martinez, pour sa part, prévient que la mobilisation se poursuivra y compris en cas d’utilisation du 49.3, et considère que « les élus du peuple doivent respecter l'avis du peuple et donc voter contre » ce texte controversé.
S’exprimant lui aussi devant l’Assemblée nationale, le leader syndical assure être présent pour « interpeller tous les députés pour qu'ils soient en phase avec les citoyens et les citoyennes de ce pays, et donc qu'ils votent contre ce projet de loi ».
Laurent Berger, patron de la CFDT (Confédération française démocratique du travail), appelle pour sa part les députés à « écouter ce qu'il se passe dans leurs circonscriptions » et insiste sur le fait qu’ils « ne sont pas représentants d'un parti politique à l'Assemblée nationale » mais « représentants de leurs concitoyens ».
Au même moment, des centaines de manifestants sont réunis aux abords du Palais Bourbon pour contester cette réforme, qui doit être examinée puis soumise au vote des députés dans l’après-midi.
Emmanuel Macron et Élisabeth Borne sont, dans le même temps, à l’Elysée où ils discutent des options qui s’offrent à eux.
Cette journée cruciale dans le processus d’adoption de la réforme des retraites, peut aboutir à trois scénarios distincts.
Le premier, verrait le texte adopté et validé par les deux chambres parlementaires grâce au vote des députés et des sénateurs tandis que le second, permettrait le passage en force de la réforme après déclenchement, par l’Exécutif, de l’article 49.3 de la Constitution, ce qui l’exposerait de facto à un risque de censure.
Enfin, une troisième option, verrait le texte rejeté par le Parlement, et rendrait de plus en plus probable, l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale par le chef de l’Etat.