Serdar Dincel
09 Janvier 2026•Mise à jour: 10 Janvier 2026
AA / Istanbul / Kanyshai Butun et Serdar Dincel
La crise sociale en Iran a franchi un nouveau cap de violence vendredi, marquée par des incendies de bâtiments officiels à Téhéran et la mort de huit membres du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) à Kermanshah.
- Téhéran sous tension et black-out numérique
Dans la capitale, des vidéos vérifiées montrent des mosquées en feu dans les quartiers de Gholhak et Saadat Abad, alors que la contestation s'étend désormais à plus de 100 villes dans l'ensemble des 31 provinces du pays. Pour freiner la propagation du mouvement, les autorités ont instauré un black-out numérique quasi total : selon l'observatoire NetBlocks, l'Iran est hors ligne depuis 24 heures, avec une connectivité nationale limitée à 1 % de son niveau normal.
- Lourdes pertes au sein des forces de sécurité
L'intensification des affrontements a provoqué des pertes majeures au sein de l'élite sécuritaire du pays. Huit membres des Gardiens de la révolution ont été tués lors des émeutes de jeudi à Kermanshah, une information initialement rapportée par l'agence Fars. Par ailleurs, l'agence Tasnim fait état de plus de 600 blessés parmi les policiers et les miliciens du Basidj.
- Un bilan humain qui s'alourdit
Bien que les autorités n'aient pas communiqué de chiffres officiels, des organisations de défense des droits de l'homme comme l'agence HRANA recensent au moins 38 décès et plus de 2 200 arrestations depuis le début du mouvement.
Cette vague de protestations, déclenchée le 28 décembre au Grand Bazar de Téhéran, trouve son origine dans l'effondrement de la monnaie nationale, le rial, et la dégradation brutale du niveau de vie des Iraniens.
* Traduit de l'anglais par Mariem Njeh